Publié le 1er janvier 2026 à 12h00. La nuit du Nouvel An à Parral a été marquée par des tirs généralisés, transformant la ville en une zone de guerre improvisée, malgré les appels répétés des autorités à la responsabilité citoyenne.
- Au moins trois personnes ont été blessées par des tirs lors des célébrations du Nouvel An à Parral, dont un mineur.
- Les tirs, qualifiés de « traditionnels » par certains, ont créé une atmosphère de peur et de chaos dans toute la ville.
- Malgré les avertissements et les conférences de presse, la situation est restée inchangée par rapport aux années précédentes.
La soirée du 31 décembre à Parral n’avait rien à voir avec les espoirs d’un nouveau départ ou la douceur du raisin traditionnel. L’air était saturé d’une odeur de poudre à canon, et le bruit des détonations a rapidement envahi la ville.
Les premiers coups de feu ont retenti à 23h48, selon les témoignages des habitants. Rapidement, une cadence irrégulière a commencé à résonner entre les collines, évoquant le début d’un conflit non déclaré. Au moment où le calendrier passait à la nouvelle année, Parral avait perdu son identité, se transformant en un véritable champ de bataille.
Les habitants, observant depuis leurs fenêtres, ont décrit un ciel illuminé par un mélange de feux d’artifice et d’éclairs jaunâtres provenant des armes à feu. Une mère de famille a confié :
« Nous avions l’impression d’être dans un autre pays, quelque part dans le monde où la guerre fait partie de la routine. »
Le concert de violence était composé d’éclats de fusils automatiques, de détonations sporadiques d’armes légères et du son sourd des fusils de chasse. Comme le soulignait un témoin, « il y en avait pour tous les goûts… et pour toutes les peurs ». Cette pratique, souvent présentée comme une tradition, a malheureusement conduit à au moins trois blessés, dont un enfant.
Un représentant de l’Hôpital général a déclaré, sous couvert d’anonymat :
« Par miracle, il n’y a pas eu de morts. »
Des victimes ont été admises souffrant de blessures causées par des projectiles perdus, des éclats ou des ricochets.
Les avertissements répétés des autorités n’ont eu aucun effet. Chaque année, les mêmes déclarations, les mêmes appels à la responsabilité, et chaque année, la même réalité : rien ne change. Un habitant du quartier d’Almanceña a exprimé sa frustration :
« C’est comme s’ils le faisaient par engagement. Rien ne se passe, personne n’arrête personne. Les gens le savent. »
Lorsque minuit a sonné, le bruit était assourdissant. La ville semblait assiégée, traversée par des traînées lumineuses. Les cris, les rires, la musique et les coups de feu se mélangeaient dans un chaos surréaliste, où la fête et la peur coexistaient. Il n’y avait aucun quartier épargné par le bruit, du centre-ville au PRI, en passant par López Portillo, Che Guevara, Almanceña et Héroes.
Dans d’autres parties du monde, on célèbre le Nouvel An avec du champagne. À Parral, le toast se confond avec le fracas d’un pistolet pointé vers le ciel, comme si l’arme était responsable de quelque chose. Les enfants apprennent à se cacher sous les tables, les chiens tremblent de peur, et les adultes feignent la normalité, car s’habituer à cette situation semble plus facile que d’exiger un changement.
Le 1er janvier s’est levé sur une ville calme et ensoleillée, comme si rien ne s’était passé. Pourtant, les récits entendus dans les salles d’attente des hôpitaux ou les plaintes murmurées dans les épiceries révèlent que le calme n’est pas l’oubli, mais plutôt la résignation.
Parral a survécu à cette nuit. Mais la question demeure : combien de fois encore ? Combien de Nouvel An comme celui-ci ? Car accueillir l’année comme si c’était la fin du monde ne devrait pas être une coutume, ni une tradition, ni la normalité.
Esteban Villalobos Guillén
©Le Moniteur Parral
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