Publié le 2 janvier 2026 à 12h28. La police israélienne a bloqué la projection d’un documentaire poignant sur le massacre de Jénine, quelques jours après le décès de son réalisateur, Muhammad Bakri, ravivant les tensions autour de la liberté d’expression artistique en Palestine.
- La police d’occupation israélienne a interdit la projection du film « Jénine, Jénine » dans un centre culturel de la région d’Al-Ba’inah.
- Cette interdiction s’inscrit dans la continuité d’une politique de restriction des œuvres artistiques documentant les actions israéliennes envers les Palestiniens.
- Le film, qui témoigne du massacre de Jénine en 2002, a déjà été l’objet d’une interdiction judiciaire et d’une condamnation financière imposée à son réalisateur.
Hier soir, les autorités israéliennes ont empêché la diffusion du film « Jénine, Jénine » lors d’une semaine culturelle et artistique organisée en hommage à Muhammad Bakri, l’artiste et cinéaste palestinien décédé récemment. Selon des sources locales, la police a menacé de fermer le centre public du village d’Al-Ba’inah, situé dans les territoires occupés en 1948, si la projection avait lieu.
Cette interdiction est perçue comme une nouvelle illustration des efforts déployés pour museler les voix palestiniennes et supprimer les témoignages sur les conflits israélo-palestiniens. Le film « Jénine, Jénine » documente les événements tragiques qui se sont déroulés dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, en avril 2002, lors d’une vaste opération militaire menée par l’armée israélienne.
Depuis sa sortie, le film a été au centre d’une bataille juridique acharnée. En 2021, les tribunaux israéliens ont interdit sa projection et ont condamné Muhammad Bakri à verser une compensation financière, suite à une longue procédure intentée par des soldats israéliens qui se sont sentis diffamés par le film. Bakri avait farouchement défendu son œuvre, arguant qu’il s’agissait d’un témoignage essentiel sur les souffrances du peuple palestinien et d’un exercice légitime de la liberté d’expression.
L’interdiction intervient quelques jours après le décès de Muhammad Bakri, survenu le 31 décembre 2025 à l’âge de 72 ans, des suites d’une crise cardiaque et respiratoire. L’acteur et réalisateur était reconnu pour son engagement envers la cause palestinienne et pour ses œuvres qui dépeignaient la réalité de la vie sous occupation. Son héritage artistique, riche et diversifié, continue d’inspirer de nombreux artistes et militants, malgré les tentatives persistantes de censure et d’effacement.
Bakri a laissé une empreinte indélébile sur la scène artistique arabe, en incarnant les préoccupations et les aspirations du peuple palestinien à travers le théâtre et le cinéma. Son œuvre reste un témoignage poignant des défis et des injustices auxquels sont confrontés les Palestiniens, et continue de susciter le débat et la réflexion.
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