Home SantéÀ l’intérieur de la nouvelle unité néonatale de Limerick, qui s’occupe des bébés nés pesant aussi peu que 600 g

À l’intérieur de la nouvelle unité néonatale de Limerick, qui s’occupe des bébés nés pesant aussi peu que 600 g

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:30:00. L’unité néonatale de l’hôpital universitaire de Limerick a considérablement évolué avec l’ouverture de son extension rénovée, offrant désormais des soins de pointe axés sur l’implication des parents et le bien-être des nouveau-nés, parfois nés avec un poids aussi faible que 600 grammes.

  • L’unité met l’accent sur une collaboration étroite entre les parents et le personnel médical.
  • L’allaitement maternel et le contact peau à peau sont encouragés dès le premier jour.
  • L’extension offre un espace plus confortable pour les parents et des installations améliorées pour les soins intensifs.

Limerick accueille une nouvelle génération de soins néonatals. L’unité, récemment agrandie et modernisée, se distingue par son approche centrée sur la famille et son engagement envers le soutien à l’allaitement maternel. Le professeur Roy Philip, pédiatre et néonatologiste de premier plan, souligne que cette nouvelle configuration représente une évolution significative dans la prise en charge des nouveau-nés les plus fragiles.

« Il s’agit d’une version plus récente de ce que nous appelons une unité néonatale. Ce n’est pas comme si les parents étaient tenus à l’écart. Nous voulons que les parents soient avec le bébé autant que possible », explique le professeur Philip. Il insiste sur l’importance de l’implication parentale, affirmant que « ce que la mère propose, je pense qu’aucun d’entre nous ne peut l’offrir ». L’unité a ainsi été conçue pour faciliter l’allaitement et les moments de contact peau à peau, considérés comme essentiels au développement et au bien-être des bébés prématurés.

Les résultats de cette approche sont déjà visibles. L’unité affiche un taux de 100 % d’exposition au lait maternel pour les bébés pesant moins de 1 000 grammes (environ 2,2 livres) à la naissance, un chiffre exceptionnel selon le professeur Philip. « Au cours des 14 dernières années, pour chaque bébé pesant moins de 1 000 g à la naissance – c’est-à-dire le plus petit de tous les bébés – 100 % d’entre eux ont été exposés au lait maternel. Pas 90 % mais 100 % », précise-t-il, soulignant que cet accomplissement a été réalisé malgré les défis nationaux en matière d’allaitement.

L’extension, inaugurée en juin dernier, comprend une station de lactation offrant des conseils aux nouvelles mères, reconnue cette année par les Friends of Breastfeeding Awards. Elle propose également des espaces plus vastes pour les soins intensifs, les patients nécessitant une surveillance étroite et les zones d’isolement. Un élément clé de cette modernisation est la possibilité d’accueillir confortablement les parents pour des séjours prolongés. « Si un bébé tombe malade ce soir et que nous voulons que les parents soient là, nous pouvons désormais lui offrir confortablement un endroit où passer la nuit ou quelques jours », explique le professeur Philip. « Il est très important, pendant ces journées stressantes, d’avoir un accès continu. »

L’hôpital a également récemment adopté les dossiers médicaux électroniques, abandonnant ainsi les dossiers papier. Le professeur Philip note également une amélioration du nombre de sages-femmes et de gynécologues-obstétriciens. Cependant, il souligne la nécessité de renforcer les effectifs infirmiers pour garantir une prise en charge optimale des patients. « Si vous me demandez, y a-t-il place à l’amélioration des niveaux de personnel ? Certainement, il y en a, et je dirais principalement d’un point de vue infirmier », a-t-il déclaré.

L’environnement de l’unité a également été repensé pour favoriser la guérison et le bien-être. L’artiste Tracey Sweeney a remporté un concours pour créer des œuvres d’art inspirées de la flore locale, notamment des plantes traditionnellement utilisées pour leurs propriétés médicinales. « Nous utilisons des plantes et des fleurs pour nous protéger contre les infections, et certaines pour améliorer l’écoulement du lait maternel ; cela était historiquement connu en Irlande », explique le professeur Philip. L’artiste s’est inspirée de « la résilience tranquille des plantes qui poussent dans le Burren, délicates mais déterminées ». Elle a notamment représenté du chèvrefeuille, un remède ancien contre la jaunisse, et de l’asclépiade, qui favorise la lactation.

L’hôpital universitaire de Limerick accueille environ 4 000 naissances chaque année, dont environ 700 à 800 nécessitent des soins néonatals. Le professeur Philip conclut en soulignant les progrès considérables réalisés dans la prise en charge des nouveau-nés prématurés, avec des bébés survivant désormais dès l’âge de 22 semaines. Il tempère toutefois cet optimisme en rappelant que la survie n’est pas garantie pour tous les bébés nés à ce stade de la gestation.

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