Home Des sportsBrisons le moule de l’entraîneur, abandonnons l’autorité absolue et devenons le partenaire des joueurs. [2026 신년특집]

Brisons le moule de l’entraîneur, abandonnons l’autorité absolue et devenons le partenaire des joueurs. [2026 신년특집]

by Camille Renault

Publié le 4 janvier 2026. Une nouvelle approche du management sportif émerge en Corée du Sud, où les entraîneurs abandonnent l’autorité verticale au profit d’un leadership collaboratif, privilégiant le dialogue et la responsabilisation collective pour optimiser les performances.

  • Le Bucheon FC a transformé son entraîneur d’un rôle directif à celui d’un facilitateur de décisions partagées.
  • L’équipe de handball de la Incheon Urban Development Corporation adopte une structure horizontale pour encourager la participation de tous les joueurs.
  • L’entraîneur de pentathlon moderne du gouvernement provincial de Gyeonggi, Choi Eun-jong, incarne un modèle de leadership durable basé sur la confiance et la responsabilité.

Les méthodes traditionnelles de management sportif, caractérisées par une hiérarchie rigide et une autorité incontestée de l’entraîneur, sont de plus en plus remises en question en Corée du Sud. Des clubs de football comme le Bucheon FC et des équipes sportives d’entreprise telles que la Incheon Urban Development Corporation expérimentent de nouvelles approches, axées sur le dialogue, la collaboration et la responsabilisation des joueurs.

Au Bucheon FC, Lee Young-min, l’entraîneur, a délaissé les instructions unilatérales pour privilégier une communication basée sur les questions. Il décrit son rôle comme celui d’une personne « peu expressive », mais insiste sur la transparence du processus décisionnel. Tous les choix, de la composition de l’équipe aux stratégies de jeu, sont désormais discutés en profondeur avec l’ensemble du staff technique.

« Les décisions viennent d’en haut, mais le processus se crée ensemble. »

Lee Young-min, entraîneur de Bucheon FC

Les réunions d’équipe ne sont plus de simples séances d’entraînement, mais des espaces d’échange où les joueurs sont encouragés à analyser les situations de jeu et à proposer des solutions. Cette approche favorise une meilleure compréhension des tactiques et transforme les joueurs en acteurs autonomes, capables de prendre des initiatives sur le terrain.

Des changements similaires sont observés dans le domaine du sport d’entreprise. Jang In-ik, l’entraîneur de l’équipe de handball de la Incheon Urban Development Corporation, a instauré des réunions régulières où les joueurs, quel que soit leur âge ou leur position, peuvent exprimer leurs préoccupations et leurs idées. Il a clairement affirmé son intention de créer une équipe où chacun peut participer pleinement.

Cette nouvelle structure a permis de stabiliser les performances de l’équipe et de la propulser parmi les prétendants aux premiers rangs. Les joueurs soulignent que la culture horizontale n’a pas entraîné une baisse de la discipline, mais au contraire, une intensification de l’entraînement, car ils comprennent désormais les raisons qui le motivent.

L’exemple de Choi Eun-jong, l’entraîneur de l’équipe de pentathlon moderne du gouvernement provincial de Gyeonggi, illustre la pérennité de ce type de leadership. Médaillé de la plus haute distinction sportive coréenne, il incarne un modèle de confiance et de responsabilité.

« La médaille appartient à l’athlète et l’échec est ma responsabilité. »

Choi Eun-jong, entraîneur de pentathlon moderne du gouvernement provincial de Gyeonggi

Choi Eun-jong estime que l’échec du sport coréen réside dans une structure de contrôle excessivement axée sur les résultats. Il plaide pour une évaluation des entraîneurs basée sur la manière dont ils ont dirigé leur équipe, et non uniquement sur les performances obtenues. Il insiste sur l’importance de la confiance et de la durabilité des relations au sein de l’équipe.

Ces évolutions, qui ont débuté dans les vestiaires, interpellent désormais le système éducatif sportif. Des experts proposent d’institutionnaliser la collecte des opinions des joueurs, de prendre en compte la culture d’équipe et la communication dans l’évaluation des entraîneurs, et de mettre en place des formations pour développer leurs compétences en matière de leadership collaboratif.

La région de Gyeonggi-Incheon, où les liens entre les écoles, les entreprises et les professionnels sont particulièrement étroits, apparaît comme un terrain fertile pour ces expérimentations. L’enjeu est désormais de transformer ces succès locaux en une politique sportive plus large, qui privilégie le développement humain et la confiance mutuelle plutôt que la simple recherche de résultats.

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