Washington a annoncé ce samedi une prise de contrôle temporaire du Venezuela, après l’arrestation spectaculaire du président Nicolás Maduro, accusé de trafic de drogue. L’opération, qui a inclus des frappes militaires et une intervention des forces spéciales, a conduit à l’extradition de Maduro vers les États-Unis, où il doit être jugé.
Lors d’une conférence de presse depuis Mar-a-Lago, en Floride, le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis dirigeraient le Venezuela « jusqu’à ce que nous puissions effectuer une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Il a justifié cette intervention par la nécessité de protéger les intérêts du peuple vénézuélien et d’empêcher d’autres acteurs de prendre le contrôle du pays.
L’annonce a été accompagnée de la promesse d’un investissement massif de grandes compagnies pétrolières américaines dans le secteur pétrolier vénézuélien, qui possède les plus importantes réserves de pétrole au monde. Trump a affirmé que ces investissements permettraient de moderniser les infrastructures pétrolières dégradées et de financer l’opération américaine, estimant que celle-ci « ne coûtera pas un centime » aux contribuables américains grâce aux revenus générés par l’exploitation pétrolière.
Cette perspective a immédiatement soulevé des critiques, certains observateurs y voyant un écho aux justifications avancées avant la guerre en Irak en 2003, où l’accès aux ressources pétrolières irakiennes était présenté comme un moyen de financer le conflit. Des études universitaires ont par la suite estimé le coût réel de l’intervention américaine en Irak à au moins 2 000 milliards de dollars (environ 1 800 milliards d’euros).
Selon le récit de l’administration Trump, l’opération a été menée pendant la nuit, provoquant des coupures de courant dans certaines parties de Caracas et impliquant des frappes sur des installations militaires. Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés dans ou à proximité d’une de leurs résidences et transportés par avion vers les États-Unis samedi soir. Ils ont atterri à l’aéroport international de Stewart, dans l’État de New York, avant d’être transférés au centre de détention métropolitain de Brooklyn.
Maduro est inculpé aux États-Unis pour complot narcoterroriste, entre autres chefs d’accusation. Sa première comparution devant un tribunal fédéral de Manhattan est prévue lundi. Son épouse est également visée par des accusations, notamment pour complot d’importation de cocaïne.
Les modalités de supervision du Venezuela par les États-Unis restent floues. Trump n’a pas précisé qui assurerait la direction du pays pendant cette période de transition, se contentant d’évoquer le rôle de « personnes qui le soutiennent », comme le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Il a également laissé la porte ouverte à un déploiement de troupes américaines sur le terrain.
La chef de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a été exclue de toute discussion, Trump affirmant qu’elle « n’a ni le soutien ni le respect à l’intérieur du pays ».
À Caracas, la vice-présidente Delcy Rodríguez a dénoncé l’arrestation de Maduro comme un « enlèvement » et a exigé sa libération immédiate, affirmant qu’il restait « le seul président du Venezuela ». Un tribunal vénézuélien a ordonné à Rodríguez d’assumer l’intérim.
Aux États-Unis, des experts ont remis en question la légalité de la capture d’un chef d’État étranger, tandis que des élus démocrates ont demandé des éclaircissements sur les prochaines étapes de l’intervention. Sur le terrain, les rues de Caracas sont restées globalement calmes samedi, avec un déploiement de soldats et quelques rassemblements de partisans de Maduro.
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