Home DivertissementDreaming of writing your novel this year? Rip up all the rules! | Creative writing

Dreaming of writing your novel this year? Rip up all the rules! | Creative writing

by Antoine Girard

L’acte d’écrire un roman commence souvent par une phrase, une invitation à poursuivre la lecture. Mais cette première ligne doit-elle être grandiose ou peut-elle se suffire d’une simple promesse, d’un murmure intrigant ? Un professeur d’écriture créative de 35 ans d’expérience livre ses réflexions sur l’art de la narration, l’importance de l’ambition et la nécessité de trouver sa propre voie.

Pour beaucoup, une première phrase mémorable est essentielle. Elle ne doit pas nécessairement être complexe ou spectaculaire, mais plutôt susciter la curiosité, donner envie de lire la suite. « Une première ligne n’est qu’une demande d’attention supplémentaire, une invitation au reste du livre », explique l’auteur. Il critique les débuts génériques, comme « C’était juin et le soleil brillait », qu’il juge dénués de substance et d’originalité.

Cependant, il reconnaît que tous les grands romans ne débutent pas par une phrase iconique. Certains auteurs choisissent une approche plus sobre, créant un contraste qui peut ensuite être exploité. « La platitude peut être un écran sur lequel la lumière peut être projetée », souligne-t-il, rappelant que la désorientation peut être un outil narratif puissant.

Au-delà de la première ligne, l’auteur insiste sur l’importance de l’individualité et de l’audace. Il encourage ses étudiants à écrire des livres qui leur tiennent à cœur, des histoires qu’ils sentent seuls capables de raconter. « Trop de gens essaient d’écrire le livre de quelqu’un d’autre, dans l’espoir qu’il soit publiable », déplore-t-il.

Il déconseille également de s’enfermer dans des règles rigides. « Je n’ai jamais rencontré de règle pour la fiction à laquelle j’ai cru, du moins à long terme », affirme-t-il, à l’exception d’une seule : éviter les polices gothiques pour créer une ambiance lugubre. Il préfère encourager une réflexion profonde plutôt que d’imposer des contraintes artificielles. Les règles, selon lui, doivent être considérées comme des « roues d’entraînement » que l’on peut retirer une fois que l’on a acquis de l’assurance.

L’ambition est un autre élément clé. L’écriture n’est pas une discipline où l’on doit commencer petit et perfectionner ses compétences progressivement. « Votre budget pour les personnages, les décors, les accessoires et les effets visuels est infini », assure-t-il. Il encourage les écrivains à tenter l’impossible, à accepter l’erreur comme une étape essentielle du processus créatif. « Ce n’est pas du patinage artistique. Vous ne vous casserez pas une jambe », plaisante-t-il.

Il met en garde contre la procrastination, en particulier face aux défis techniques. Si une idée vous passionne, il faut s’y lancer sans attendre. « Vous pourriez oublier ce qui vous intéressait tant, et de plus, il y a des choses que l’on ne peut écrire qu’en étant jeune, et d’autres que l’on ne peut écrire qu’en étant vieux », explique-t-il.

En matière de processus d’écriture, il préconise de persévérer, même en cas de blocage. « Si une page est impossible, essayez une phrase ; si une phrase ne vient pas, prenez des notes », conseille-t-il. L’écriture est une forme de pensée, et la ténacité est souvent plus importante que le talent brut. Il observe que, sur le long terme, ce sont les écrivains les plus obstinés qui parviennent à publier et à maintenir une carrière.

Enfin, il encourage les écrivains à embrasser leur singularité, à ne pas renoncer à leurs obsessions. « Ils vous sont chers : c’est ce qui rend votre travail original », souligne-t-il. Il insiste sur l’importance de l’intérêt personnel pour le sujet traité. « Ce que l’écrivain n’intéresse pas n’intéressera jamais un lecteur », conclut-il.

Quant à la fameuse question de l’écriture quotidienne, il nuance cet impératif. Si certains écrivains y trouvent un rythme bénéfique, d’autres ne peuvent ou ne souhaitent pas s’y conformer. Il reconnaît que les contraintes de la vie quotidienne – enfants, parents âgés, travail – peuvent rendre cette discipline difficile à tenir. L’essentiel, selon lui, est de ne pas se décourager en cas d’interruption et de se rappeler que l’absence peut parfois être source d’inspiration.

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