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Le monde construit fébrilement des autoroutes du gaz

by Amélie Bernard

Publié le 5 janvier 2026. Face à une demande énergétique mondiale croissante, les cinq prochaines années seront marquées par une vague de construction de nouvelles infrastructures, notamment de gazoducs, à l’échelle internationale.

  • D’importants investissements sont prévus dans la construction de gazoducs, d’oléoducs et de pipelines pour divers produits.
  • Plus de 549 projets sont en cours de développement ou entreront dans une phase décisive d’ici 2030.
  • Des projets majeurs sont en cours en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique du Nord et en Asie.

La demande énergétique mondiale ne cesse d’augmenter, poussant les pays à investir massivement dans de nouvelles infrastructures pour assurer leur approvisionnement. D’ici 2030, ce sont 549 projets qui devraient connaître une avancée significative, selon les données d’Energies Media. Parmi eux, 402 concernent la construction de gazoducs, 73 d’oléoducs, 53 de pipelines pour divers produits et 21 pour des produits liquéfiés.

Cette intensification des travaux s’explique en partie par les bouleversements géopolitiques actuels et la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement. Plusieurs projets d’envergure sont déjà en cours de développement sur tous les continents.

En Europe, le couloir gazier vertical, auquel participe la Bulgarie, vise à renforcer les liaisons entre la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Parallèlement, la Grèce construit son premier gazoduc haute pression de 157 kilomètres, conçu pour transporter également de l’hydrogène à l’avenir.

L’Iran, de son côté, étend son réseau de transport de gaz avec la construction d’un gazoduc de 1 200 kilomètres, dont l’achèvement est prévu pour 2026. En septembre 2025, Israël et l’Égypte ont annoncé la construction d’une nouvelle ligne pour augmenter les exportations de gaz israélien vers les terminaux de liquéfaction égyptiens.

Le projet le plus ambitieux en Afrique est sans doute le NMGP (Nigeria-Morocco Gas Pipeline), un gazoduc de 6 000 kilomètres reliant le Nigeria au Maroc. Après la finalisation des études l’année dernière, les décisions de financement de la deuxième phase d’expansion sont attendues en 2026. L’objectif est de connecter 13 pays et d’acheminer le gaz vers l’Europe.

D’autres projets sont à un stade moins avancé, comme EstMed, un gazoduc sous-marin de 2 000 kilomètres reliant la Méditerranée orientale (Israël/Chypre) à la Grèce et à l’Europe, qui en est encore à l’étude de faisabilité.

Les États-Unis ne sont pas en reste, avec des plans de construction d’environ 14 000 kilomètres de nouveaux pipelines. Le projet Rio Bravo au Texas, dont le démarrage est prévu en 2026, transportera du gaz naturel du bassin permien vers des terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) pour l’exportation.

Au Canada, le projet PRGT (Prince Rupert Gas Transmission) en Colombie-Britannique attend une décision finale d’investissement début 2026. Enfin, le plus long gazoduc qui devrait entrer en service cette année est le Xinjiang-Guangdong-Zhejiang, avec près de 9 000 kilomètres de long, transportant du gaz synthétique de l’ouest de la Chine vers les centres économiques de l’est.

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