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Disparités en matière de cancer observées parmi les receveurs d’une greffe de rein

by Sophie Martin

Publié le 2024-11-16 14:35:00. Les patients ayant bénéficié d’une greffe rénale et résidant dans des quartiers défavorisés présentent un risque accru de développer certains cancers, et voient leur espérance de vie réduite après un diagnostic, révèle une vaste étude américaine.

  • Les personnes greffées du rein vivant dans les zones les plus précaires ont un risque de cancer du poumon 44 % plus élevé.
  • Le diagnostic de mélanome est plus souvent posé à un stade avancé chez les patients issus de milieux défavorisés.
  • La mortalité spécifique au cancer est 18 % plus élevée chez les greffés résidant dans les quartiers les plus défavorisés.

Une étude menée sur près de deux décennies, portant sur les données de plus de 168 000 adultes ayant reçu une première greffe rénale aux États-Unis entre 2000 et 2019, met en lumière des inégalités significatives en matière de santé. Les chercheurs ont analysé l’impact du statut socio-économique du quartier de résidence sur le risque de cancer et les résultats pour les receveurs de greffe.

Le cancer constitue l’une des principales causes de décès chez les patients greffés du rein, qui sont déjà plus vulnérables en raison de l’immunosuppression nécessaire pour prévenir le rejet de l’organe. L’étude a utilisé l’indice Yost, un outil qui prend en compte le revenu, le niveau d’éducation, le logement et l’emploi pour classer les quartiers en cinq catégories, allant du plus défavorisé au plus favorisé.

Si l’incidence globale du cancer n’a pas été jugée significativement différente entre les groupes socio-économiques, des disparités notables ont été observées pour certains types de cancer. Les patients vivant dans les quartiers les plus défavorisés présentent une incidence significativement plus élevée de cancer du poumon. Après ajustement statistique, les taux de cancer du poumon étaient 44 % plus élevés dans le quintile Yost le plus bas. À l’inverse, l’incidence du cancer de la prostate était 24 % plus faible chez les hommes issus des quartiers les plus défavorisés, ce qui pourrait être lié à des différences dans les pratiques de dépistage plutôt qu’à un réel facteur biologique.

L’étude a également révélé des différences au moment du diagnostic. Chez les patients développant un mélanome, ceux issus de zones plus défavorisées étaient plus susceptibles de recevoir un diagnostic à un stade régional ou distant, plutôt qu’à un stade précoce et localisé. Un diagnostic tardif est particulièrement préoccupant car il est fortement associé à une survie réduite.

Enfin, après un diagnostic de cancer, les patients résidant dans les quartiers les plus défavorisés avaient une mortalité spécifique au cancer 18 % plus élevée que ceux vivant dans les zones les plus aisées. Bien que cette tendance ne soit pas statistiquement significative pour chaque type de cancer pris individuellement, elle suggère des disparités importantes dans l’accès aux traitements, aux soins de suivi et au soutien global en matière de santé.

Les chercheurs concluent que, bien que l’incidence globale du cancer ne varie pas en fonction du statut socio-économique, des inégalités substantielles persistent pour certains cancers, le stade au moment du diagnostic et la survie. Ces résultats soulignent la nécessité d’une approche plus équitable en matière de soins de santé pour les patients greffés du rein.

Référence

Harn-Yue N et coll. L’association entre le statut socio-économique du quartier et les résultats du cancer post-transplantation chez les receveurs de greffe de rein aux États-Unis. Rein360. 2025 ; 10.34067/KID.0000000979.

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