Publié le 5 janvier 2026 à 12h07. Le nombre d’animaux sauvages nécessitant des soins augmente en Alberta, une tendance directement liée à la proximité croissante entre la faune et les activités humaines, selon l’Alberta Institute for Wildlife Conservation.
- Le nombre d’animaux sauvages admis à l’Alberta Institute for Wildlife Conservation a augmenté depuis le début de la pandémie et ne diminue pas.
- Les collisions avec des véhicules, les enchevêtrements dans des clôtures et les attaques de chats domestiques sont parmi les principales causes de blessures chez les animaux sauvages.
- La perte d’habitat due à l’urbanisation croissante contribue à rapprocher la faune des zones habitées.
L’Alberta Institute for Wildlife Conservation (AIWC), situé à une trentaine de kilomètres au nord de Calgary, a enregistré une hausse significative du nombre d’animaux sauvages soignés. Depuis sa création en 1993, le centre a accueilli plus de 38 000 animaux, dont plus de 2 000 rien qu’en 2025.
« Nous avons constaté une augmentation constante du nombre de patients admis, et ce, dès le début de la pandémie », explique Scottie Potter, coordonnatrice des communications de l’AIWC. Initialement, le centre avait attribué cette augmentation au fait que les gens passaient plus de temps à l’extérieur et rencontraient davantage d’animaux pendant les périodes de confinement. Cependant, cette tendance s’est maintenue même après la levée des restrictions sanitaires.
« Les animaux sont de plus en plus présents dans la vie des gens », souligne Potter. « La faune a moins d’endroits où se retirer et se retrouve donc à proximité des zones habitées. »
L’AIWC a soigné 146 espèces différentes cette année, allant des animaux les plus communs de la province à des espèces plus rares, comme un renard argenté ou un opossum de Virginie.
Les causes de ces blessures sont multiples. Les collisions avec des véhicules représentent un danger majeur, tout comme les enchevêtrements dans des clôtures. Les chats domestiques sont également une menace importante pour la faune, en particulier pour les oiseaux. Une étude de 2013 estime que les chats domestiques et errants tuent entre 100 et 350 millions d’oiseaux chaque année au Canada. Une étude plus récente de l’Université de Guelph chiffre ce nombre à environ 60 millions d’oiseaux.
La ville de Calgary a mis en place un règlement sur la responsabilité des propriétaires d’animaux de compagnie afin de limiter la prédation des oiseaux par les chats, en exigeant que ceux-ci restent sur la propriété de leurs propriétaires.
L’AIWC souligne également que les interventions humaines, même bien intentionnées, peuvent parfois être néfastes. « Pour des animaux comme les faons ou les lièvres, un problème courant est que les gens enlèvent accidentellement les jeunes », explique Potter. Elle précise que certaines espèces laissent leurs petits seuls pendant de longues périodes, et que les interventions prématurées peuvent nuire à leur survie.
Au-delà des interactions directes avec les humains, la perte d’habitat constitue une menace persistante pour la faune de l’Alberta. Ruiping Luo, spécialiste de la conservation de l’Association de nature sauvage de l’Alberta, souligne que l’écosystème des prairies, qui recouvre une grande partie du sud de la province, est l’un des écosystèmes les plus menacés au monde.
« Les prairies sont l’endroit où nous cultivons nos cultures, où nous construisons la plupart de nos habitations », explique Luo. « En Alberta, la population est largement concentrée dans ces zones. Nous ne sommes pas limités par les montagnes ou les lacs, ce qui nous permet de continuer à nous étendre. Mais cela pose des problèmes. »
Scottie Potter insiste sur l’importance du travail effectué par l’AIWC. « Pour chaque animal qui ne survit pas à une rencontre négative avec les humains, nous pouvons donner une seconde chance à un autre animal de la même espèce », affirme-t-elle. « Nous pouvons ainsi faire pencher la balance en faveur de la faune et, espérons-le, rétablir un certain équilibre. »