Publié le 5 janvier 2024 à 14h30. La contestation sociale en Iran entre dans son neuvième jour, alimentée par une crise économique sévère, tandis que Washington avertit Téhéran contre une répression violente des manifestants.
- Des protestations se sont propagées à 26 des 31 provinces iraniennes, faisant au moins 19 morts parmi les manifestants et un membre des forces de l’ordre.
- Le président américain Donald Trump a menacé d’une réponse sévère en cas de nouvelles victimes parmi les manifestants.
- Le Parlement iranien appelle à prendre en compte les revendications légitimes, tout en promettant de réprimer toute ingérence étrangère.
La vague de protestations qui secoue l’Iran a débuté le 28 décembre, initialement déclenchée par la colère des commerçants face à la chute vertigineuse du rial iranien face au dollar américain. La monnaie nationale a atteint un niveau record bas, et l’inflation s’élève désormais à 40 %. Ces difficultés économiques sont exacerbées par les sanctions internationales imposées à Téhéran en raison de son programme nucléaire.
Les manifestations ont rapidement gagné en ampleur, attirant des étudiants et se propageant à de nombreuses villes du pays. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des rassemblements à Téhéran, ainsi que dans les provinces de Fars, Ilam, Khorasan du Nord et Semnan. Des images capturées à Yasuj, dans le sud-ouest de l’Iran, montrent des manifestants scandant « Liberté, liberté, liberté », selon la chaîne BBC Persian.
À Sari, au nord de Téhéran, des manifestants ont été filmés en train de scander des slogans tels que « Mort au dictateur », une référence au guide suprême Ali Khamenei, et « Pahlavi revient », évoquant le retour de Reza Pahlavi, le fils en exil du dernier Shah d’Iran. Des coups de feu ont été entendus lors de ces manifestations, et des vidéos montrent des personnes fuyant les lieux.
Des informations font également état d’une intervention des forces de sécurité dans un hôpital de la ville d’Ilam, où des manifestants blessés s’étaient réfugiés. Une vidéo circulant sur Instagram semble confirmer cette information.
Ces manifestations sont les plus importantes depuis le soulèvement de 2022, déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme kurde arrêtée pour non-respect du code vestimentaire. Cette affaire avait conduit à une répression violente, faisant des centaines de morts et des milliers d’arrestations.
Face à la situation, le président américain Donald Trump a averti que l’Iran subirait des conséquences sévères en cas de nouvelles victimes.
« Nous surveillons la situation de très près. S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront très durement touchés par les États-Unis »,
Donald Trump, président des États-Unis
Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré que les « revendications légitimes » des manifestants devaient être prises en compte, tout en soulignant que toute tentative d’ingérence étrangère ou d’exploitation des manifestations serait « confrontée efficacement ».
« Les revendications légitimes doivent être entendues et servir de base à un changement. »
Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien
Ces déclarations font écho à celles de l’ayatollah Ali Khamenei, qui a appelé à « remettre les émeutiers à leur place ».
Téhéran accuse également Israël de chercher à déstabiliser le pays, suite aux déclarations de solidarité du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec le peuple iranien. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqai, a dénoncé les propos de Netanyahu et de « certains responsables américains radicaux » comme une « incitation à la violence ». Il a rappelé que l’Iran et Israël ont été en conflit direct en juin dernier, avec des bombardements israéliens et américains sur des installations nucléaires iraniennes.
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