Home MondeLa capture de Maduro par les États-Unis révèle la faiblesse de la Russie

La capture de Maduro par les États-Unis révèle la faiblesse de la Russie

by Clara Dubois

Publié le 5 janvier 2026 20:55:00. L’opération militaire américaine au Venezuela, qui a mis fin au régime de Nicolás Maduro, affaiblit considérablement l’influence de Moscou sur la scène internationale et révèle les limites de la puissance russe, déjà engagée dans le conflit ukrainien.

  • L’intervention américaine au Venezuela a porté un nouveau coup au prestige politique de la Russie, démontrant la capacité des États-Unis à agir contre les alliés du Kremlin.
  • Nicolás Maduro avait sollicité un soutien militaire de Moscou, notamment des drones, des missiles et des radars, mais sa demande est restée sans réponse.
  • La guerre en Ukraine absorbe les ressources militaires et économiques de la Russie, limitant sa capacité à intervenir à l’étranger.

L’opération audacieuse menée par l’administration Trump le 3 janvier a marqué la fin de la dictature de Nicolás Maduro, mais elle a également mis en évidence les difficultés croissantes de la Russie à soutenir ses alliés face à la pression américaine. C’est la deuxième fois depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche que les États-Unis démontrent leur capacité à agir sans rencontrer de résistance significative de la part de Moscou. En juin dernier, Washington avait déjà porté un coup sévère au programme nucléaire iranien, une situation dans laquelle le président russe Vladimir Poutine n’avait pu offrir qu’un soutien limité, se contentant de déclarations grandiloquentes, une attitude qu’il reproduit aujourd’hui.

Alors que la pression américaine sur le Venezuela s’intensifiait à l’automne dernier, Maduro espérait obtenir une aide concrète de Moscou. Selon le Washington Post, il aurait adressé une lettre à Poutine en octobre, sollicitant la livraison de drones, de missiles et de systèmes radar. Sa requête est restée vaine.

Vladimir Poutine n’a pas encore officiellement réagi à l’opération américaine au Venezuela. Cependant, son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a échangé par téléphone avec la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodríguez, samedi, lui exprimant la « forte solidarité » de son gouvernement et du ministère russe des Affaires étrangères. Le ministère russe a également exigé la libération de Maduro par les États-Unis.

Cette réponse mesurée reflète en grande partie les limites des capacités militaires russes. Si la Russie dispose d’un arsenal nucléaire impressionnant, son armée conventionnelle manque de moyens pour projeter sa puissance à l’étranger. La guerre en Ukraine, marquée par de nombreuses difficultés, a mis en évidence les faiblesses de l’armée russe, notamment en matière de logistique et de coordination. L’agression de Poutine en Ukraine constitue sa priorité absolue, mobilisant des ressources considérables et affaiblissant considérablement l’économie russe. En d’autres termes, le président russe ne dispose pas des moyens nécessaires pour s’engager dans de nouvelles aventures militaires à l’étranger, un constat partagé par certains responsables russes et des voenkory, ces blogueurs militaires russes influents sur Telegram. Cette situation était déjà perceptible fin 2024, lorsque Moscou a vu son alliance de plus de cinquante ans avec le régime de Bachar al-Assad en Syrie s’effondrer face à la progression des rebelles islamiques.

Au-delà des contraintes matérielles, la politique du Kremlin est également influencée par la gestion des efforts de Trump pour parvenir à une paix durable en Ukraine. Le président américain a maintes fois déclaré qu’il exercerait une forte pression sur le camp le moins enclin à négocier. Kiev a accepté de nombreuses propositions américaines visant à mettre fin aux combats, mais Moscou les a toutes rejetées. Grâce à une diplomatie habile avec Trump et son entourage, Moscou a toutefois réussi à éviter de nouvelles sanctions américaines (à l’exception d’une sanction limitée) et à limiter le transfert d’armes américaines plus puissantes vers l’Ukraine. Préserver ces acquis constitue une priorité pour Poutine, qui ne souhaite pas compromettre son capital politique auprès du président américain en s’impliquant dans la crise vénézuélienne. Trump lui-même a donné des raisons d’être prudent en exprimant son mécontentement face aux massacres en cours en Ukraine lors de sa conférence de presse concernant l’opération au Venezuela.

Même si Poutine évitera de prendre des mesures susceptibles de provoquer Trump concernant le Venezuela, cette opération risque d’affecter l’effort de guerre russe. L’économie russe, déjà fragilisée, dépend des revenus générés par ses exportations de pétrole et de gaz, qui sont de toute façon sous pression en raison des frappes de drones et de missiles ukrainiens sur ses infrastructures énergétiques, avec le soutien des États-Unis. Trump a annoncé son intention de remettre sur le marché le pétrole vénézuélien, actuellement soumis à de lourdes sanctions. Bien que cela puisse prendre du temps, cette mesure contribuera à atteindre son objectif de faire baisser les prix du pétrole pour les consommateurs américains – et mondiaux – ce qui constituera un nouveau coup dur pour l’économie russe.

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