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Surfaces biocides et lutte contre C. auris multirésistant

by Sophie Martin

Un champignon particulièrement tenace, Candida auris, se propage silencieusement dans les hôpitaux américains, mettant en péril les patients les plus vulnérables. Résistant à la fois aux traitements antifongiques classiques et aux désinfectants courants, il représente un défi majeur pour le contrôle des infections nosocomiales.

Identifié pour la première fois en 2009, C. auris a depuis été détecté dans au moins 27 États américains et s’est diversifié en six souches distinctes, selon leur origine géographique : Asie du Sud, Asie de l’Est, Afrique du Sud, Amérique du Sud, Iran et Bangladesh/Singapour. Bien qu’appartenant au genre Candida, un groupe de champignons fréquemment rencontré, cette souche se manifeste exclusivement dans les établissements de soins, où elle a développé une résistance alarmante aux antifongiques.

Plus de 90 % des échantillons testés se révèlent résistants à au moins une des cinq classes d’antifongiques disponibles, et plus de 30 % présentent une résistance à trois classes ou plus. Cette résistance, plutôt que la virulence du champignon, est la principale cause du taux de mortalité élevé, oscillant entre 30 et 60 %, observé chez les patients infectés, en particulier ceux souffrant déjà de problèmes de santé.

Le problème s’aggrave avec la capacité de C. auris à survivre sur les surfaces, résistant aux nettoyants à base de composés d’ammonium quaternaire (QUAT) et à l’acide acétique. Un nettoyage approfondi à l’eau de Javel ou au chlore, ainsi que des temps de désinfection prolongés par rayonnement ultraviolet (UV), sont désormais nécessaires. Le champignon peut survivre sur une surface pendant au moins quatre heures, ce qui lui laisse amplement le temps de se propager entre deux nettoyages.

Une solution prometteuse réside dans l’utilisation de surfaces biocides infusées de cuivre. Des tests récents ont démontré que ces surfaces, notamment celles portant la désignation EOSUC, peuvent éliminer plus de 99,99 % des cellules de C. auris en seulement deux heures, un délai bien inférieur au temps de contact minimal nécessaire à sa transmission. L’installation de barrières de lit, de tables de chevet et d’autres surfaces horizontales infusées de cuivre dans les chambres de patients pourrait ainsi réduire significativement le risque de contamination, tant pour le patient actuel que pour les futurs occupants de la pièce.

La transmission de C. auris se fait souvent par le biais des surfaces. Le champignon peut coloniser la peau d’une personne sans provoquer d’infection, puis se propager aux surfaces qu’elle touche. Le personnel soignant, en contact avec ces surfaces, peut involontairement transmettre le champignon à des patients présentant des plaies ouvertes ou des dispositifs médicaux invasifs, tels que des cathéters ou des ventilateurs.

Une fois introduit dans un établissement de santé, C. auris peut se propager rapidement. Des patients peuvent contracter l’infection simplement en étant hospitalisés dans le même établissement qu’une personne déjà colonisée. Bien que les voies de transmission exactes restent à déterminer, des recherches antérieures ont confirmé le rôle important des surfaces dans la propagation des infections nosocomiales. Des preuves scientifiques solides suggèrent que les surfaces biocides peuvent interrompre cette chaîne de transmission, réduisant ainsi le risque d’épidémie et limitant la persistance du champignon.

Pour obtenir de plus amples informations sur les résultats des tests EOSUC concernant C. auris, veuillez contacter notre service.

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