Publié le 6 janvier 2026 à 22h36. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des affrontements au Nouvel An, où des policiers ont été pris pour cible par des tirs de feux d’artifice, notamment des dispositifs artisanaux particulièrement puissants surnommés « mitrailleuses à feux d’artifice ».
- Des policiers et des services de secours ont été attaqués avec des feux d’artifice dans plusieurs villes néerlandaises, dont Amsterdam, La Haye et Utrecht.
- Ces attaques impliquent des dispositifs artisanaux, des tubes lançant rapidement plusieurs feux d’artifice, originaires de Chine et interdits aux Pays-Bas.
- La police évoque la possibilité d’un réseau criminel organisé derrière ces attaques.
Au cours du réveillon du Nouvel An, des scènes de chaos se sont déroulées dans plusieurs villes néerlandaises. Des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux montrent des groupes de jeunes prenant à partie les forces de l’ordre avec des feux d’artifice. Les policiers, contraints de se replier sous un déluge de projectiles, sont accueillis par des acclamations.
Un type de feu d’artifice se distingue particulièrement : des tubes capables de lancer une succession rapide de feux d’artifice. Ces dispositifs, tenus à deux mains, permettent des tirs précis. Le 1er janvier, la police a qualifié ces engins de « mitrailleuses à feux d’artifice » utilisés pour agresser ses agents.
Selon Ruben Koet, un spécialiste des feux d’artifice, ces « mitrailleuses » sont en réalité de grandes bougies romaines modifiées pour tirer un grand nombre de fusées éclairantes. Il a lui-même testé ces dispositifs sur ses réseaux sociaux. Il a publié une vidéo de ses tests sur Instagram. « Ils sont fabriqués à Liuyang, en Chine, d’où proviennent la plupart des feux d’artifice. Ils sont populaires en Chine, où ils sont tirés au-dessus de l’eau. Certains sont équipés d’un levier et sont appelés ‘tireurs’ ».
Ces tubes sont facilités à tenir grâce à leur levier, mais cela les rend également plus faciles à utiliser comme des armes, ce qui a été le cas dans plusieurs incidents au cours du dernier réveillon. À Rijnsburg, dix personnes ont été arrêtées après avoir pris à partie la police avec des feux d’artifice. Des incidents similaires ont également été signalés à Floradorp, un quartier d’Amsterdam-Noord, où les habitants manifestent leur colère contre l’interdiction des feux de joie traditionnels. Des armes improvisées à base de feux d’artifice ont également été utilisées contre les services de secours.
La chef de la police, Janny Knol, a évoqué hier soir dans l’émission télévisée Pauw en De Wit la possibilité que un réseau criminel soit à l’origine de ces tirs de feux d’artifice.
Selon un porte-parole, la chef de la police entend par là que les agressions pourraient avoir été orchestrées. « Il semble que des feux d’artifice aient été délibérément achetés pour attaquer les services de secours et que des embuscades aient été tendues. Cela témoigne d’un comportement criminel dans un contexte organisé. »
Les enquêtes sur les violences sont en cours dans plusieurs villes. Les premiers suspects impliqués dans des incidents survenus lors du réveillon du Nouvel An seront jugés demain à Den Bosch, mais il ne s’agit pas, pour l’instant, de tirs de feux d’artifice sur la police.
Il est important de noter que les « mitrailleuses à feux d’artifice » utilisées pour ces attaques sont illégales aux Pays-Bas, où toutes les bougies romaines, quelle que soit leur taille, sont interdites depuis des années. Cependant, elles sont autorisées en Belgique, en Allemagne et en Pologne. Un magasin de feux d’artifice à Baarle-Hertog vend par exemple le « Bazooka », un dispositif contenant 175 coups.
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