Publié le 7 janvier 2026 à 10h30. L’administration américaine semble préparer une nouvelle opération militaire contre le Venezuela, ciblant un pétrolier en fuite arborant un pavillon russe et repéré au large des côtes irlandaises, après une première tentative avortée en décembre.
- Des avions militaires américains, dont des appareils de l’US Air Force et de la RAF, ont été détectés opérant depuis des bases britanniques, suggérant une surveillance accrue du pétrolier.
- Les forces américaines privilégieraient la capture du navire plutôt que sa destruction, selon des sources proches du dossier.
- Le pétrolier, initialement bloqué par les États-Unis, a échappé à l’opération « Absolute Resolve » et a été réimmatriculé en Russie sous le nom de Marinera.
L’administration Trump intensifie la pression sur le Venezuela, après l’arrestation du président Nicolás Maduro la semaine dernière. L’arrivée massive d’avions de transport C-17A Globe Master en Grande-Bretagne, soit pas moins de dix appareils, alimente les spéculations sur une nouvelle intervention militaire imminente. Ces mouvements de troupes et de matériel s’ajoutent à la surveillance aérienne renforcée du pétrolier Bella 1, qui avait réussi à échapper à un blocus américain en décembre dernier.
Selon des informations obtenues par CBS News, deux responsables américains ont indiqué que la priorité serait de s’emparer du navire plutôt que de le couler. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de l’opération « Absolute Resolve », qui avait pour objectif initial la capture de Maduro et qui s’est soldée par son arrestation. Le Bella 1, après avoir échappé à cette opération, a été aperçu au large des côtes sud-ouest de l’Irlande, arborant un drapeau russe improvisé et ayant été réimmatriculé en Russie sous le nom de Marinera, dans une tentative apparente d’obtenir la protection de Moscou.
Outre les avions de transport, des appareils américains connus pour transporter des hélicoptères utilisés lors d’opérations spéciales clandestines ont également atterri à la base aérienne de RAF Fairford ces derniers jours. Des avions de combat Typhoon de la Royal Air Force, assistés par des ravitailleurs aériens KC2, ont également participé à la surveillance du pétrolier. L’US Air Force a refusé de commenter les détails de l’opération, se contentant d’affirmer que des avions militaires américains transitent régulièrement par les bases européennes conformément aux accords bilatéraux.
En décembre dernier, les Marines américains, des unités des forces spéciales et les garde-côtes avaient déjà capturé le pétrolier Skipper après son départ d’un port vénézuélien, une opération qui pourrait se répéter dans l’Atlantique Nord. Le président Trump a laissé entendre qu’il continuerait à exercer une pression économique sur le Venezuela, malgré l’arrestation de son dirigeant.
Matthew Savill, directeur des sciences militaires au Royal United Services Institute (RUSI), a souligné que la préparation observée pourrait indiquer plusieurs scénarios possibles, allant de la constitution de forces pour une éventuelle opération au Moyen-Orient ou en Afrique, à la préparation d’une mission de capture du Bella 1. Il a toutefois ajouté : « Il pourrait s’agir d’une mauvaise direction. Lorsqu’ils ont lancé Midnight Hammer (pour frapper les installations nucléaires iraniennes), ils avaient un objet de suivi avec des transpondeurs activés. Il n’est pas invraisemblable que pendant que nous observons tous cela, il y ait quelque chose qui vole là-bas que nous ne voyons pas. »