Publié le 7 janvier 2025 à 19h03. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche ravive les tensions géopolitiques autour du Groenland, avec des menaces d’annexion au nom de la sécurité nationale américaine et une réaction ferme du Danemark et de ses alliés.
- Les États-Unis envisagent une possible annexion du Groenland, voire une intervention militaire.
- Le Danemark rejette fermement toute tentative d’annexion et met en garde contre un effondrement de l’OTAN en cas d’agression entre alliés.
- Plusieurs pays européens et le Canada ont apporté leur soutien au Danemark face aux pressions américaines.
La question du Groenland, vaste île autonome du Danemark, est revenue sur le devant de la scène internationale avec le retour de Donald Trump à la présidence américaine. Washington justifie son intérêt croissant pour ce territoire arctique par des impératifs de sécurité nationale, évoquant la nécessité de contrer l’influence de rivaux potentiels dans la région. Le président républicain n’exclut pas d’utiliser la force pour prendre le contrôle de l’île, suscitant l’inquiétude de Copenhague et de ses partenaires.
Selon des informations relayées par CNBC, la Maison Blanche étudie différentes options, y compris un recours aux forces armées. La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a déclaré :
« Le président et son équipe analysent diverses options pour atteindre cet objectif important de politique étrangère et, bien entendu, le recours aux forces armées américaines est toujours une option à la disposition du commandant en chef. »
L’intérêt des États-Unis pour le Groenland n’est pas nouveau. Dès la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), Washington avait déjà proposé 100 millions de dollars en or à Copenhague pour acquérir l’île. Plus récemment, Donald Trump avait exprimé son souhait d’acheter le Groenland, une proposition qui avait alors été accueillie avec scepticisme par le gouvernement danois.
Le Premier ministre danois, Mette Frederiksen, a fermement réagi aux menaces américaines, soulignant que son pays offre déjà aux États-Unis un accès important au Groenland grâce à un accord de sécurité bilatéral. Elle a mis en garde contre les conséquences d’une éventuelle attaque contre un pays de l’OTAN :
« J’exhorte fortement les États-Unis à cesser de menacer un allié historiquement proche, un autre pays et des personnes qui ont clairement indiqué qu’ils n’étaient pas à vendre. »
Frederiksen a averti qu’une telle action pourrait entraîner la fin de l’alliance transatlantique.
Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a annoncé le renforcement de la présence militaire danoise et de l’OTAN au Groenland, avec davantage de manœuvres et de déploiements. Copenhague prévoit d’investir environ 2 milliards d’euros (15 milliards de couronnes danoises) dans de nouveaux navires, des drones et l’amélioration de ses capacités satellitaires dans la région.
Face à la fermeté danoise, plusieurs pays européens, dont l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la Pologne, ainsi que le Canada, ont exprimé leur soutien à Copenhague et au Groenland. Ils ont réaffirmé que le Groenland appartient à son peuple et que seule la Danemark et le Groenland sont habilités à décider de leur avenir.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a même annoncé la préparation d’un plan de « riposte » avec les partenaires européens en cas d’« intimidation » de la part des États-Unis. L’OTAN a également rappelé que sa sécurité repose sur la défense collective et que la sécurité d’un allié est indissociable de celle de tous.
Au-delà des considérations géopolitiques, le Groenland suscite l’intérêt des États-Unis en raison de ses importantes ressources naturelles. L’île abrite des milliards de barils de pétrole inexploités et de vastes réserves de gaz naturel, bien que l’exploitation pétrolière offshore ait été suspendue en 2020 pour des raisons environnementales. Une étude de 2023 a révélé la présence de 25 des 34 minéraux considérés comme « matières premières critiques » par l’Union européenne, notamment des matériaux essentiels pour les batteries, les véhicules électriques et les éoliennes. Donald Trump a également mis la pression sur le Venezuela pour qu’il cesse ses relations avec la Chine et la Russie.
Enfin, la position stratégique du Groenland, sur la route la plus courte entre l’Europe et l’Amérique du Nord, en fait un lieu clé pour le système d’alerte précoce en matière de missiles balistiques des États-Unis. Le gouvernement américain a nommé Jeff Landry, gouverneur de la Louisiane, en tant qu’envoyé spécial au Groenland, signalant ainsi la priorité accordée à ce dossier.
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