Home DivertissementReading for the New Year: Part Two

Reading for the New Year: Part Two

by Antoine Girard

À l’aube de cette nouvelle année, les critiques littéraires se penchent sur les lectures marquantes de 2025, explorant un vaste éventail d’ouvrages pour en extraire les expériences les plus significatives. Cette sélection, qui se déploiera en plusieurs volets dans les semaines à venir, offre un aperçu précieux des tendances et des talents qui ont émergé au cours de l’année écoulée.

L’esprit d’aventure et la volonté de se confronter à l’échec, un thème récurrent chez de nombreux auteurs, trouvent un écho particulier dans l’œuvre de George Plimpton. Son livre, Out of My League (1961), relate avec humour ses tribulations sur un terrain de baseball, où il s’est retrouvé bien loin de ses compétences. Plimpton n’a pas inventé le journalisme participatif – Paul Gallico s’était déjà soumis aux coups de poing de Jack Dempsey en 1922 – mais il en a perfectionné l’art de l’accumulation minutieuse de détails, souvent teintés d’une certaine masochisme.

Dans ce récit, Plimpton décrit un après-midi au Yankee Stadium – « incroyablement vaste, d’un vert éclatant » – où, en tant qu’ancien lanceur amateur, il a eu l’occasion de jouer une manche d’exhibition contre des stars de la Ligue Majeure. Le point culminant de son expérience est marqué par une crise de panique sur le monticule, face à Willie Mays et ses coéquipiers. Après un lancer raté, Plimpton s’exclame : « Je sentais que je devais dire quelque chose ; ce que j’avais fait était trop indigne pour passer inaperçu, et c’est pourquoi je me suis précipité hors du monticule en criant : ‘Désolé ! Désolé !’ »

Par ailleurs, Julia Langbein, une expatriée américaine installée près de Paris, s’est distinguée avec son premier roman, American Mermaid (2023). Langbein, titulaire d’un doctorat de l’Université de Chicago et auteure d’une monographie sur la comédie au XIXe siècle, a également exercé ses talents d’humoriste à New York et tenu un blog populaire, « The Bruni Digest », où elle analysait avec une attention quasi talmudique les critiques gastronomiques de Frank Bruni dans le New York Times.

American Mermaid suit l’histoire de Penelope Schleeman, une professeure d’anglais dont le premier roman, mettant en scène une sirène rebelle évoluant dans une société matriarcale, devient un succès inattendu. Rapidement propulsée à Hollywood, Penelope se retrouve confrontée à des producteurs et scénaristes masculins qui cherchent à adoucir le message féministe de son œuvre. L’intrigue oscille entre un cauchemar industriel et une fantaisie réaliste : Penelope commence à se demander si les sirènes n’existent pas réellement, ou si elle ne perd pas la raison. Un roman dans le roman, enveloppé d’une parabole, qui a captivé la lectrice par son humour et sa profondeur.

Enfin, l’œuvre de Willa Cather, et plus particulièrement son roman Death Comes for the Archbishop (1927), mérite d’être redécouverte. Dans un essai récent, Katy Waldman soulignait la disparition du paysage dans la fiction contemporaine, contrastant la grandeur des océans de Melville et des forêts de Cooper avec l’idéalisation masculine de la vie dans le Sud-Ouest américain. Cather, cependant, offre une observation nuancée de la nature, en particulier dans le Nouveau-Mexique de son roman.

Le protagoniste, le Père Latour, un prêtre français, est nommé évêque du Nouveau-Mexique après son annexion en 1851. Face à l’arrivée des « gringos », il doit consolider le diocèse, parcourant des haciendas et des pueblos isolés en compagnie du Père Vaillant. L’histoire se déroule à travers une série de vignettes poignantes, où les deux prêtres viennent en aide aux pauvres et luttent contre la corruption. Mais l’essence du roman réside dans la rencontre de Latour avec ce territoire, transformé par la plume de Cather en un champ de bataille métaphysique et en un témoin énigmatique.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.