Home MondeLa « Doctrine Tang Luo » émerge : La force fait que la justice n’est plus aux États-Unis | Juheng.com – Politique et économie internationales

La « Doctrine Tang Luo » émerge : La force fait que la justice n’est plus aux États-Unis | Juheng.com – Politique et économie internationales

by Clara Dubois

Publié le 8 janvier 2026 05h13. L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, est accusée d’avoir inauguré une politique étrangère radicalement nouvelle, baptisée « Doctrine Donro », qui marque un retour à un impérialisme débridé et suscite de vives inquiétudes parmi les alliés occidentaux.

  • La « Doctrine Donro » se distingue de la doctrine Monroe par son caractère offensif et son objectif affiché de contrôle des ressources stratégiques.
  • Des actions concrètes, comme les frappes aériennes au Venezuela et les menaces d’annexion du Groenland, illustrent cette nouvelle approche.
  • Cette politique est critiquée tant par la gauche américaine que par les néoconservateurs, qui y voient une atteinte à la crédibilité et à l’autorité des États-Unis.

L’année 2026 a vu émerger ce qui est perçu par de nombreux observateurs comme un tournant majeur dans la politique étrangère américaine : la « Doctrine Donro », un amalgame du nom de l’ancien président Donald Trump et de la traditionnelle doctrine Monroe. Cette nouvelle approche, jugée par ses détracteurs comme un retour à un impérialisme sans complexe, a provoqué une onde de choc à travers la communauté internationale.

Les premiers signes de cette inflexion se sont manifestés début 2026 avec une série d’actions audacieuses de la part de l’administration Trump. Des frappes aériennes ont été lancées contre le Venezuela, pays riche en pétrole, et son président, Nicolás Maduro, a été arrêté. Parallèlement, la possibilité d’une annexion du Groenland a été de nouveau évoquée, ravivant les tensions géopolitiques dans la région.

Face à cette superpuissance agissant sans contrainte apparente, de nombreux pays ont pris conscience de l’inefficacité des mécanismes internationaux, notamment ceux des Nations Unies, pour sanctionner ou condamner un membre permanent du Conseil de sécurité recourant à la force. L’ordre international établi semble fragilisé par cette nouvelle donne.

La « Doctrine Donro » se distingue fondamentalement de la doctrine Monroe, initialement conçue comme un avertissement aux puissances européennes contre toute ingérence dans les affaires américaines. Cette dernière avait un caractère essentiellement défensif. En revanche, la « Doctrine Donro » justifie une intervention militaire ou administrative directe dans les pays souverains de l’hémisphère occidental, motivée par la volonté de s’assurer l’accès à des ressources stratégiques (pétrole, minerais), de sécuriser les frontières ou de lutter contre l’immigration, et ce, dans un souci d’intérêts purement nationaux.

Cette approche transforme l’hémisphère occidental d’une simple « sphère d’influence » en un « domaine privé » ou un « atout stratégique » pour les États-Unis. Les ambitions américaines s’étendent même au contrôle du Groenland, du Canada et de la zone du canal de Panama.

Donald Trump lui-même n’a pas caché ses intentions. Il a non seulement approuvé et raillé le terme « Doctrine Donro » lors d’apparitions publiques, mais a également illustré son approche en expliquant sa stratégie au Venezuela. Il a admis que les États-Unis « géreraient » le pays jusqu’à ce qu’une transition jugée « appropriée » soit achevée, permettant ainsi aux « énormes compagnies pétrolières américaines » de s’implanter et de « gagner de l’argent ».

Cette rhétorique sans concession révèle que, dans le cadre de la « Doctrine Donro », la souveraineté nationale n’est plus considérée comme une valeur sacrée, mais comme un bien négociable. Cette diplomatie prédatrice a suscité de vives critiques, tant de la part des progressistes que des conservateurs.

Robert Reich, ancien secrétaire au Travail américain et figure de proue de la gauche américaine, a vivement critiqué la prise de contrôle du Venezuela par Trump, la qualifiant de retour à un impérialisme d’un autre âge, où les grandes puissances se partageaient des sphères d’influence avant la Seconde Guerre mondiale. Il craint que les méthodes autoritaires de Trump ne s’étendent à l’ensemble de l’hémisphère.

« Nous assistons à un retour à l’impérialisme pur et simple, où les grandes puissances se partagent le monde comme un gâteau. »

Robert Reich, ancien secrétaire au Travail américain

Une critique plus profonde, sur le plan stratégique, émane de Robert Kagan, historien et figure influente du néoconservatisme américain. Il a publié un article dans lequel il dénonce la « Doctrine Donro » comme un « démantèlement des atouts » de « l’âme américaine ».

Selon Kagan, lorsque les États-Unis passent du rôle d’architecte de l’ordre mondial à celui d’un « promoteur immobilier armé d’un couteau », sacrifiant le territoire de leurs alliés et la souveraineté des pays voisins au profit de gains matériels, ils détruisent en réalité leurs atouts les plus précieux : leur crédibilité internationale et leur autorité mondiale.

Il met en garde contre le fait que l’histoire montre qu’une superpuissance qui se transforme en simple prédateur voit son hégémonie s’effondrer plus rapidement qu’on ne l’imagine.

Au Royaume-Uni, allié traditionnel des États-Unis, les conservateurs ont également exprimé de vives inquiétudes. Rory Stewart, ancien secrétaire d’État britannique au Développement international, a dénoncé la montée d’un « impérialisme irresponsable », estimant que les actions de Trump envers le Groenland et le Venezuela avaient systématiquement sapé le respect du conservatisme traditionnel pour la loi, les contrats et la continuité. Il considère cela comme un signe de faiblesse et une indication que les États-Unis ont perdu leur capacité à diriger le monde par le biais de règles et d’alliances.

Lorsque les alliés les plus fidèles de l’Occident et les élites éclairées commencent à craindre les actions des États-Unis, un message clair est envoyé : les États-Unis « surexploitent la civilisation ». La « Doctrine Donro », nommée d’après son initiateur, risque fort de figurer comme une note sombre dans les futurs manuels d’histoire.

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