Publié le 9 janvier 2026 à 01h31. La nouvelle comédie romantique de Netflix, People We Meet on Vacation, peine à décoller malgré une ambiance estivale et une bande originale séduisante, illustrant les difficultés du genre à se renouveler.
- L’adaptation du roman d’Emily Henry souffre d’un manque de profondeur émotionnelle et de clichés éculés.
- La dynamique entre les deux protagonistes, Alex et Poppy, interprétés par Tom Blyth et Emily Bader, manque d’authenticité.
- Le réalisateur Brett Haley, connu pour ses œuvres indépendantes plus touchantes, semble bridé par les contraintes de la plateforme Netflix.
Diffusée en plein cœur de l’hiver, People We Meet on Vacation, la dernière comédie romantique de Netflix, promettait une évasion ensoleillée. Le film, produit dans le cadre d’un accord avec Sony, bénéficie d’une esthétique soignée et d’une bande originale accrocheuse, notamment avec la reprise de la chanson « Nana » de Polo & Pan, déjà présente dans la comédie de Noël Laisse tomber la neige. Pourtant, cette promesse d’évasion se révèle bien illusoire.
L’adaptation du roman très apprécié d’Emily Henry, publié en 2021, coche toutes les cases habituelles du genre (regards pétillants, profession irréaliste du personnage principal, omniprésence des chansons de Taylor Swift), mais manque cruellement de cœur et d’âme. L’intrigue, prévisible et déjà vue, ne parvient pas à captiver. On pense inévitablement à Quand Harry rencontre Sally, un classique qui explorait une dynamique similaire sur une période plus longue. Cependant, ce qui semblait authentique et profondément humain en 1989 apparaît aujourd’hui artificiel et convenu, un mauvais présage pour un genre qui peine à se réinventer.
L’histoire suit Alex et Poppy, interprétés par Tom Blyth (connu pour son rôle dans Hunger Games) et la jeune actrice Emily Bader. Après un premier voyage ensemble, ils concluent un pacte : partir en vacances chaque année, peu importe leurs circonstances. Le film alterne entre des flashbacks de leurs étés passés et le présent, où Poppy se prépare à retrouver Alex à Barcelone pour le mariage de son frère. Cette structure permettrait, en théorie, de créer une mosaïque riche de souvenirs, chaque lieu évoquant un moment précis de leur relation. Malheureusement, les voyages manquent de détails et de profondeur, se résumant à des scènes banales : karaoké, jeux de rôle de couple, baignades suggestives et soirées arrosées. L’esprit pétillant et les dialogues vifs qui caractérisaient le roman sont ici absents.
Poppy, le personnage d’Emily Bader, apparaît davantage comme une collection de clichés de comédies romantiques qu’une personne réelle. Maladroite, désordonnée, toujours en retard et impulsive, elle contraste avec la rigueur et le sérieux d’Alex. Si l’attraction des opposés est un thème récurrent dans ce type de film, la dynamique entre les deux personnages manque ici de naturel. Le côté « adorable » de Poppy semble forcé et peu authentique, ce qui rend ses émotions de dernière minute peu crédibles. Bader montre un certain potentiel, mais peine à donner de la substance à un rôle trop stéréotypé. À l’inverse, Tom Blyth apparaît étrangement absent. Seuls Molly Shannon et Alan Ruck, dans les rôles des parents de Poppy, apportent une touche de charme et d’authenticité, leur présence laissant un vide après leur départ.
Le scénario, signé Yulin Kuang et Amos Vernon et Nunzio Randazzo (les scénaristes d’Hôtel Transylvanie : Transformania), ne parvient pas à expliquer pourquoi Alex et Poppy n’ont pas franchi le pas plus tôt. Les tentatives tardives de créer des obstacles à leur relation semblent artificielles et forcées. C’est une déception pour Brett Haley, qui avait su apporter une réelle émotion à son film indépendant Les cœurs battent fort, présenté au festival de Sundance en 2018. Les cœurs battent fort avait marqué les esprits avant que le réalisateur ne se retrouve pris dans la machine à productions Netflix pour jeunes adultes, avec Tous les endroits lumineux et Tous ensemble maintenant. People We Meet on Vacation marque donc une troisième déception consécutive.
Ce film, qui promettait une romance légère et un voyage dépaysant, ressemble finalement à une corvée. Pourquoi une œuvre qui aurait pu être un répit bienvenu en ces temps difficiles se révèle-t-elle aussi insipide ?