Publié le 9 janvier 2026. Une vague de froid intense frappe l’Europe, perturbant les transports, mettant à rude épreuve les réseaux électriques et ravivant les inquiétudes quant aux coûts économiques liés aux intempéries hivernales.
L’Europe est actuellement paralysée par un froid glacial et des tempêtes, notamment « Goretti », d’origine italienne, qui se propage depuis l’Atlantique. Les Pays-Bas et l’Allemagne ont annulé des trains, des centaines de vols ont été annulés à Paris et Amsterdam, laissant plus d’un millier de passagers bloqués dans les aéroports. Des écoles sont fermées à Hambourg et Berlin, et des accidents liés au verglas ont été signalés en France.
Ces conditions météorologiques extrêmes soulèvent des préoccupations économiques importantes. Lucia Bevere, analyste de données sur les catastrophes naturelles chez Swiss Re, souligne que des gelées soudaines peuvent entraîner des pertes considérables en raison de la rupture des conduites d’eau et des perturbations des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement.
L’Europe a déjà subi des vagues de froid coûteuses ces dernières années. En 2017, les dégâts liés au gel ont atteint 4,7 milliards d’euros (chiffre corrigé des prix), dont 1 milliard d’euros d’assurances. En 2021, une autre vague de froid a causé des dommages estimés à 5,6 milliards d’euros, dont 0,8 milliard d’euros couverts par les assurances.
Le trafic ferroviaire est particulièrement affecté. Deutsche Bahn a réduit le trafic longue distance dans le nord de l’Allemagne et limité la vitesse sur certaines lignes, entraînant des retards. Plus de 14 000 employés sont mobilisés pour déneiger et dégivrer les voies. Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) déploient également 400 collaborateurs pour assurer la sécurité des gares et des voies. Le chauffage des aiguillages, essentiel pour éviter le blocage, représente un coût annuel d’environ 2 millions de francs suisses pour les CFF.
Le trafic aérien est également perturbé, avec des avions cloués au sol en raison du givrage. Les aéroports de Paris, Bruxelles et plusieurs aéroports anglais ont été touchés. Swiss a annulé 21 vols et prévoit d’autres annulations en fonction de l’évolution de la situation. Le dégivrage des avions, effectué par Swissport à Zurich, prend entre quelques minutes et une demi-heure par appareil et coûte plusieurs milliers d’euros par opération en raison du prix du glycol.
La demande d’électricité augmente avec le froid, car les habitants utilisent davantage le chauffage électrique et les pompes à chaleur. Axpo, un producteur d’électricité suisse, s’attend à une hausse des prix sur le marché de gros si la vague de froid persiste. Cependant, les tarifs résidentiels restent fixes et ne sont pas affectés par ces fluctuations à court terme.
Swissgrid, l’opérateur du réseau de transport suisse, surveille de près la situation. Daniel Daester, porte-parole de Swissgrid, explique que les chutes de neige, plutôt que les basses températures, constituent la principale menace pour les lignes électriques, en particulier en montagne. Des mesures de surveillance du poids de la neige et du givre sont en place, et des systèmes de chauffage des lignes sont utilisés pour prévenir l’accumulation de glace.
À ne pas manquer
