Publié le 9 janvier 2026 à 11h46. Les manifestations antigouvernementales en Iran, déclenchées par la crise économique, s’intensifient malgré la répression des forces de sécurité et la coupure d’Internet, tandis que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, rejette le soutien affiché par le président américain Donald Trump aux protestataires.
- L’ayatollah Khamenei a accusé Donald Trump d’avoir les mains « tachées du sang des Iraniens » et a dénoncé les manifestants comme des instruments de l’influence américaine.
- Les autorités iraniennes ont promis une répression « décisive » des protestations, tandis que les médias d’État qualifient les manifestants de « terroristes ».
- Le prince héritier Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, a appelé à poursuivre les manifestations, suscitant un regain d’espoir chez certains protestataires.
Téhéran est le théâtre de tensions croissantes depuis le 28 décembre, lorsque des manifestations initialement motivées par les difficultés économiques se sont transformées en un défi majeur au régime islamique. Malgré la répression et la censure, des vidéos diffusées en ligne montrent des protestataires scandant des slogans antigouvernementaux et allumant des feux dans plusieurs villes du pays.
L’ayatollah Khamenei a fustigé les manifestants, les accusant de vouloir « plaire au président des États-Unis » et de détruire leur propre pays.
« Ils détruisent leurs propres rues… afin de plaire au président des États-Unis »,
Ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran
Il a également mis en doute la sincérité du soutien américain, suggérant que Donald Trump devrait plutôt se concentrer sur les problèmes de son propre pays.
Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni-Ejei, a averti que les sanctions contre les manifestants seraient « décisives, maximales et sans aucune indulgence légale ». Les médias d’État ont accusé des « agents terroristes » affiliés aux États-Unis et à Israël d’être à l’origine des violences et des incendies.
Washington n’a pas immédiatement réagi à ces déclarations, mais Donald Trump a réitéré sa promesse de riposter si des manifestants étaient tués. Il a également évoqué la possibilité de sanctions supplémentaires contre l’Iran.
« Si l’Iran tue violemment des manifestants pacifiques, l’Amérique « viendra à leur secours ».
Donald Trump, président des États-Unis
La coupure d’Internet et des communications téléphoniques internationales rend difficile l’évaluation précise de l’ampleur des manifestations. Cependant, l’agence de presse Human Rights Activists, basée aux États-Unis, rapporte qu’au moins 42 personnes ont été tuées et plus de 2 270 arrêtées depuis le début des protestations.
L’appel au soulèvement lancé par le prince héritier Reza Pahlavi, dont le père a été renversé par la révolution islamique de 1979, a galvanisé certains manifestants. Des slogans en faveur du Shah ont été entendus lors de certaines manifestations, un phénomène qui pourrait être passible de la peine de mort, mais qui témoigne de la profondeur du mécontentement populaire. Plus d’informations sur le prince Reza Pahlavi.
Selon Holly Dagres, chercheuse au Washington Institute for Near East Policy, l’appel de Pahlavi a été un facteur déterminant dans l’intensification des protestations.
« D’après les publications sur les réseaux sociaux, il est devenu clair que les Iraniens avaient tenu parole et prenaient au sérieux l’appel à manifester pour renverser la République islamique. »
Holly Dagres, chercheuse au Washington Institute for Near East Policy
Elle souligne que la coupure d’Internet pourrait avoir été motivée par la volonté du régime de dissimuler la réalité des manifestations et de faciliter la répression.
Les manifestations actuelles s’inscrivent dans un contexte de difficultés économiques croissantes en Iran, exacerbées par les sanctions internationales et la dévaluation de sa monnaie, le rial, qui a atteint un taux de change de 1,4 million de rials pour 1 dollar en décembre. Contexte des manifestations en Iran. L’Iran a connu plusieurs vagues de protestations ces dernières années, mais la situation actuelle semble particulièrement préoccupante en raison de l’ampleur des manifestations et de la détermination des protestataires.
Donald Trump a également suggéré que l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans, pourrait envisager de quitter l’Iran.
« Il cherche à aller quelque part. Ça devient très mauvais. »
Donald Trump, président des États-Unis
Il a également exprimé des réserves quant à une éventuelle rencontre avec le prince Reza Pahlavi, estimant qu’il était préférable d’attendre de voir comment la situation évoluerait. Critiques du soutien d’Israël à Pahlavi.
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