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Les pays de l’UE annulent la France et donnent leur feu vert à l’accord commercial avec le Mercosur

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) ont trouvé un accord de libre-échange. Malgré l'opposition de plusieurs États membres, une majorité qualifiée a donné son feu vert à…

Les pays de l’UE annulent la France et donnent leur feu vert à l’accord commercial avec le Mercosur

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) ont trouvé un accord de libre-échange. Malgré l’opposition de plusieurs États membres, une majorité qualifiée a donné son feu vert à l’accord lors d’une réunion à Bruxelles, ouvrant la voie à sa signature officielle au Paraguay la semaine prochaine.

L’accord, qui créerait un marché de plus de 700 millions de personnes, est perçu comme un moyen de stimuler les exportations européennes et de renforcer les relations diplomatiques avec l’Amérique latine, notamment face aux tensions commerciales actuelles. Il prévoit la suppression des droits de douane sur plus de 90 % des produits échangés, permettant aux entreprises européennes d’économiser environ 4 milliards d’euros (4,6 milliards de dollars) par an, selon les estimations de l’UE. Il pourrait également aider l’Europe à réduire sa dépendance à la Chine pour les matières premières critiques.

L’Allemagne a salué cet accord, le chancelier Friedrich Merz le qualifiant d’« étape importante dans la politique commerciale européenne et un signal fort de notre souveraineté stratégique et de notre capacité d’action ». L’Espagne et d’autres pays partageaient cet enthousiasme, voyant dans cet accord un coup de pouce bienvenu pour leurs industries confrontées à la concurrence chinoise et aux barrières douanières américaines.

Cependant, l’adoption de l’accord n’a pas été sans heurts. La France, dont le secteur agricole est particulièrement puissant, s’est fermement opposée à ce qu’elle considérait comme une menace pour ses producteurs. Malgré une campagne active pour faire échouer le texte, Paris n’a pas réussi à convaincre une majorité d’États membres. L’Irlande, la Pologne, la Hongrie et l’Autriche ont également voté contre.

Le revirement de l’Italie, qui avait demandé un report de dernière minute en décembre, a finalement permis de débloquer la situation. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré vendredi : « Il me semble que l’équilibre qui a été créé est durable et j’espère que l’accord apportera des bénéfices dans de nombreux domaines, comme je le pense, et je l’espère pour tout le monde. »

La Commission européenne, qui a mené les négociations, a tenté de rassurer les agriculteurs en soulignant que l’accord devrait augmenter de 50 % les exportations agroalimentaires de l’UE vers l’Amérique du Sud. Elle a également mis en avant la protection de plus de 340 produits européens emblématiques, tels que la feta grecque et le champagne français, contre les imitations. Un fonds de crise de 6,3 milliards d’euros et des mécanismes de suspension des tarifs préférentiels en cas de fortes importations ont également été prévus.

Malgré ces concessions, la colère gronde dans les milieux agricoles. Des agriculteurs français ont manifesté à Paris avec leurs tracteurs, tandis que leurs homologues belges ont bloqué des autoroutes en signe de protestation. « Il y a beaucoup de douleur. Il y a beaucoup de colère », a témoigné Judy Peeters, représentante d’un groupe de jeunes agriculteurs belges, lors d’une manifestation près de Bruxelles.

L’accord doit encore être approuvé par le Parlement européen avant de pouvoir entrer en vigueur. Le Brésil avait d’ailleurs menacé de se retirer des négociations si l’UE renonçait au processus, soulignant l’importance de cette étape finale.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.