Aktis Oncology, une société américaine spécialisée en radiopharmacie, a levé 318 millions de dollars (environ 293 millions d’euros) lors de son introduction en bourse sur le Nasdaq, ce qui lui permettra d’accélérer le développement de traitements innovants contre le cancer. L’entreprise mise sur une nouvelle approche pour cibler plus efficacement les tumeurs, en élargissant le champ d’application de la thérapie par radiopharmaceutiques.
Cette levée de fonds, bien plus importante que prévu initialement, témoigne d’un regain d’intérêt des investisseurs pour le secteur des biotechnologies après une année 2025 relativement calme. Aktis a finalement proposé 17,65 millions d’actions à 18 dollars l’unité (environ 16,60 euros), le haut de la fourchette annoncée.
Les radiopharmaceutiques agissent en délivrant des radiations directement aux cellules cancéreuses, grâce à une molécule de ciblage qui se lie spécifiquement à la tumeur. Cependant, les molécules actuellement utilisées, comme les anticorps et les peptides, présentent des limites. Les anticorps, bien que précis, ont du mal à pénétrer dans les tumeurs en raison de leur taille importante et restent plus longtemps dans l’organisme, augmentant le risque d’effets secondaires. Les peptides, plus petits, peuvent manquer de spécificité pour atteindre certaines cibles.
Aktis Oncology a développé une technologie innovante basée sur les « miniprotéines », des molécules de ciblage de taille intermédiaire. Plus petites qu’un anticorps mais plus grandes qu’un peptide, ces miniprotéines offrent un meilleur compromis entre pénétration tumorale, spécificité et sécurité. « La petite taille des miniprotéines leur permet de pénétrer rapidement dans les tumeurs », explique l’entreprise. « De plus, nos radioconjugués miniprotéiques sont capables de s’internaliser dans les cellules cancéreuses, ce qui, selon nous, entraîne une rétention prolongée. »
Le programme le plus avancé d’Aktis, AKY-1189, est actuellement en phase 1b d’essais cliniques pour le traitement des tumeurs solides exprimant la protéine Nectine-4. Cette cible est déjà visée par Padcev, un médicament commercialisé par Pfizer et Astellas Pharma pour le cancer urothélial. Aktis estime qu’AKY-1189 pourrait offrir une alternative intéressante, notamment en permettant une sélection plus précise des patients grâce à l’utilisation de radio-isotopes d’imagerie.
L’entreprise prévoit également d’étendre l’utilisation d’AKY-1189 à d’autres types de cancers, tels que le cancer du sein et du cancer du poumon. Un autre programme prometteur, AKY-2519, est en développement pour cibler la protéine B7-H3, présente dans de nombreuses tumeurs solides, notamment le cancer de la prostate. Aktis prévoit de déposer une demande d’essai clinique pour AKY-2519 au cours du premier semestre 2026.
Aktis a également conclu un partenariat avec Eli Lilly en 2024, qui a investi 60 millions de dollars (environ 55 millions d’euros) et pris une participation dans l’entreprise. Lilly prendra en charge le développement des programmes issus de cette collaboration, qui portent sur plusieurs cibles cancéreuses non divulguées. Aktis pourrait recevoir jusqu’à 1,2 milliard de dollars (environ 1,1 milliard d’euros) en paiements supplémentaires en fonction des résultats.
Fondée en 2020 et incubée par MPM Capital, Aktis Oncology avait déjà levé 345,5 millions de dollars (environ 318 millions d’euros) avant son introduction en bourse. MPM Capital est actuellement le principal actionnaire de l’entreprise, avec une participation de 17,4 %, suivi de Vida Ventures avec 9,5 %.
Aktis prévoit d’investir entre 140 et 150 millions de dollars (environ 129 à 138 millions d’euros) dans la phase 1b des essais cliniques d’AKY-1189 et entre 70 et 80 millions de dollars (environ 64 à 73 millions d’euros) dans le développement d’AKY-2519. L’entreprise estime que ses ressources financières lui permettront d’opérer jusqu’au premier semestre 2028.
