Publié le 9 janvier 2026 20h12. Un émissaire de la Maison Blanche s’est rendu à Caracas ce vendredi, marquant une première étape vers un possible dégel des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela après le renversement de Nicolás Maduro et l’arrivée au pouvoir de Delcy Rodríguez.
- Le chargé d’affaires américain pour le Venezuela, John McNamara, a rencontré des responsables vénézuéliens pour évaluer la réouverture des ambassades et discuter de la reprise du commerce pétrolier.
- La visite intervient après la prise de pouvoir par Delcy Rodríguez suite à une opération militaire américaine qui a renversé Maduro, et alors que l’administration Trump affirme exercer un contrôle sur le Venezuela.
- La réouverture de l’ambassade américaine à Caracas, fermée depuis 2019, pourrait faciliter la vie des plus de 600 000 Vénézuéliens résidant aux États-Unis.
La présence de John McNamara sur le sol vénézuélien représente un tournant significatif dans les relations bilatérales, rompues il y a plusieurs années. Maduro avait lui-même identifié McNamara comme son principal interlocuteur au sein de l’administration Trump, et avait maintenu le contact avec lui malgré les tensions croissantes. Le gouvernement vénézuélien a annoncé qu’il reviendrait sur les détails de cette rencontre, qualifiée de “processus exploratoire” visant à rétablir les missions diplomatiques après les événements récents.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de recomposition géopolitique complexe. Delcy Rodríguez, désormais à la tête du Venezuela, est confrontée à une transition délicate, tandis que Donald Trump a affirmé que son administration “est aux commandes” du pays. La nature de cette cohabitation forcée reste incertaine, mais la volonté affichée de trouver un terrain d’entente est palpable.
La visite de McNamara vise notamment à évaluer les conditions d’une éventuelle reprise des activités au sein de l’ambassade américaine à Caracas, qui est restée fermée pendant sept ans. Le secrétaire d’État américain a confirmé ce voyage, tout comme le ministère vénézuélien des Affaires étrangères. Des spéculations concernant un déplacement de Delcy Rodríguez à Washington ont été démenties par Freddy Ñáñez, son ministre de la Communication, qui a souligné que le gouvernement se concentrait sur la “garantie de la paix et de la stabilité” pour le peuple vénézuélien.
Le président en charge s’est déclaré ouvert à un accord avec Trump, mais n’a pas pour autant atténué le ton concernant le renversement de Maduro. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a précisé qu’un “processus exploratoire” était en cours pour le rétablissement des relations diplomatiques, suite aux “conséquences de l’agression et de l’enlèvement du Président de la République et de la Première Dame”. Une table de travail commune a également été annoncée, sans plus de détails.
John McNamara, également ambassadeur en Colombie, a joué un rôle clé dans l’administration Trump, notamment dans la gestion des flux migratoires et la libération de citoyens vénézuéliens détenus dans des prisons à sécurité maximale, comme le CECOT au Salvador. Sa visite à Caracas intervient en parallèle de l’annonce par la Maison Blanche de sa décision de rouvrir l’ambassade, fermée en 2019 suite à la reconnaissance par Washington de Juan Guaidó comme président légitime du Venezuela.
L’administration Biden avait initialement poursuivi cette stratégie, espérant exercer une pression suffisante pour provoquer la chute de Maduro. Cependant, cette approche s’est avérée infructueuse, et Maduro est resté au pouvoir pendant sept années supplémentaires. L’ambassade américaine à Caracas, l’une des plus grandes du pays, est un bâtiment imposant situé dans le quartier résidentiel de Valle Arriba. Bien que fermée, elle a été surveillée par des agents de renseignement ces derniers mois, alimentant des rumeurs non confirmées sur la présence de personnalités à l’intérieur.
María Corina Machado, figure de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, pourrait jouer un rôle déterminant dans le nouveau contexte vénézuélien. Elle pourrait être en position de force lors d’une éventuelle élection présidentielle, compte tenu des succès électoraux de son parti. Donald Trump a annoncé qu’il la recevrait prochainement.
La rupture des relations diplomatiques a eu des conséquences directes sur la vie des Vénézuéliens aux États-Unis, notamment en matière de renouvellement des passeports et de visas. Avant les restrictions imposées par Trump, ils devaient se rendre dans des consulats américains situés dans d’autres pays pour effectuer ces démarches.
L’ambassade américaine a été le théâtre d’incidents par le passé, notamment en 2019, lorsque des militants du mouvement pacifiste Code Pink, favorable au chavisme, l’ont occupée. Les autorités ont réagi en coupant l’eau et l’électricité, avant de les expulser.
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