Publié le 9 janvier 2026 23:12:00. L’ONU a fermement réagi à la décision de l’administration Trump de se retirer de plus de 60 organisations internationales, rappelant aux États-Unis leurs obligations financières envers l’organisation.
- Les États-Unis ont annoncé leur retrait de 31 agences liées à l’ONU, dont l’agence onusienne pour la population et le traité sur le climat.
- L’ONU insiste sur le caractère légalement contraignant des contributions américaines au budget ordinaire et au budget de maintien de la paix.
- Cette décision intervient après une année de tensions croissantes entre l’ONU et l’administration américaine concernant le financement et la coopération internationale.
L’Organisation des Nations unies a rappelé jeudi aux États-Unis qu’ils ont une « obligation légale » de continuer à financer les agences de l’ONU, suite à l’annonce par la Maison Blanche de son retrait de plus de 60 organisations internationales. Cette décision marque une nouvelle étape dans le désengagement de l’administration Trump vis-à-vis de la coopération multilatérale.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé ses regrets concernant le retrait américain de 31 agences liées à l’ONU, notamment le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Les États-Unis ont également annoncé leur retrait d’autres organisations et initiatives mondiales non affiliées à l’ONU.
« Comme nous l’avons constamment souligné, les contributions au budget ordinaire des Nations Unies et au budget de maintien de la paix, telles qu’approuvées par l’Assemblée générale, constituent une obligation légale en vertu de la Charte des Nations Unies pour tous les États membres, y compris les États-Unis », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de M. Guterres, dans un communiqué.
Malgré cette annonce, M. Dujarric a assuré que les entités de l’ONU concernées continueront à fonctionner : « Les Nations Unies ont la responsabilité de répondre aux attentes de ceux qui dépendent de nous. »
Cette riposte ferme de l’ONU fait suite à une année de relations tendues avec l’administration américaine, qui a cherché à réduire massivement l’aide et le financement versés aux organisations internationales. Des efforts diplomatiques intenses, menés par M. Guterres et d’autres responsables de l’ONU, ont permis d’éviter un retrait total des États-Unis, notamment grâce à un accord d’aide humanitaire de 2 milliards de dollars annoncé le mois dernier.
L’annonce du retrait, mercredi, a surpris de nombreux diplomates de haut rang à l’ONU, qui ont appris la nouvelle par le biais de reportages et des réseaux sociaux de la Maison Blanche. Aucune communication officielle n’a été émise par l’administration Trump pour expliquer cette décision, a précisé M. Dujarric aux journalistes.
De nombreux responsables de l’ONU se sont abstenus de commenter l’impact de cette décision sur leurs agences, faute d’informations officielles provenant du gouvernement américain.
Le décret de Trump
Après un examen d’un an de la participation et du financement de toutes les organisations internationales, le président Trump a signé un décret suspendant le soutien américain à 66 groupes, agences et commissions. La plupart des cibles sont des agences, commissions et groupes consultatifs liés à l’ONU qui se concentrent sur le climat, le travail, la migration et d’autres questions que l’administration Trump considère comme relevant de la « culture du réveil » et de la diversité.
L’administration avait précédemment suspendu son soutien à l’Organisation mondiale de la santé, à l’Office de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et à l’UNESCO. L’agence culturelle des Nations Unies. Elle a adopté une approche plus sélective en matière de financement, ne retenant que les opérations et les agences qui, selon elle, correspondent à l’agenda de Trump et servent les intérêts américains.
Certaines agences, comme le Fonds des Nations unies pour la population, qui fournit des services de santé sexuelle et reproductive dans le monde entier, ont longtemps été critiquées par les républicains, et leur financement a déjà été réduit sous le premier mandat de Trump.
Le retrait de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) n’a pas surpris, l’administration Trump ayant déjà retiré son soutien à d’autres initiatives climatiques. La CCNUCC, signée par 198 pays en 1992, vise à soutenir financièrement les actions liées au changement climatique dans les pays en développement et constitue le fondement de l’accord historique de Paris sur le climat, dont Trump s’est retiré peu après son arrivée au pouvoir.
Simon Stiell, secrétaire exécutif de la CCNUCC, a averti que cette décision nuirait « à l’économie, à l’emploi et au niveau de vie des États-Unis, alors que les incendies de forêt, les inondations, les méga-tempêtes et les sécheresses s’aggravent rapidement ». Il a toutefois souligné que « les portes restent ouvertes à une réintégration future des États-Unis, comme ils l’ont fait par le passé avec l’Accord de Paris », et que les opportunités commerciales dans les domaines de l’énergie propre et de la résilience climatique restent considérables.
La contribution américaine au budget de l’ONU
Le budget ordinaire de l’ONU, qui finance ses opérations quotidiennes, est financé par ses 193 pays membres en fonction de la taille de leur économie. Les États-Unis, première économie mondiale, sont censés contribuer à hauteur de 22 %, suivis par la Chine avec 20 %. Un budget distinct finance les opérations de maintien de la paix, pour lesquelles les États-Unis doivent payer 25 %.
Des responsables de l’ONU ont indiqué que les États-Unis n’avaient pas versé leurs contributions annuelles au budget ordinaire l’année dernière, ce qui constitue une obligation inscrite dans la Charte des Nations Unies. Un État membre en retard de paiement pendant deux années consécutives perd son droit de vote à l’Assemblée générale.
« La Charte n’est pas à la carte », a insisté M. Dujarric. « Nous ne renégocierons pas la Charte. »
Les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU disposant d’un droit de veto – la Chine, la France, la Russie et le Royaume-Uni – ont payé intégralement leur contribution. La Chine a versé plus de 685 millions de dollars.
La journaliste de l’Associated Press Edith M. Lederer a contribué à ce reportage depuis les Nations unies.
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