Publié le 9 janvier 2026 22:05:00. Le Taoiseach irlandais, Micheál Martin, a effectué une visite officielle en Chine cette semaine, la première d’un chef de gouvernement irlandais en plus de dix ans, afin de renforcer les liens économiques et d’aborder des questions sensibles telles que les droits de l’homme.
- La Chine souhaite importer davantage de produits alimentaires irlandais et investir dans les énergies renouvelables du pays, notamment l’éolien.
- Le Taoiseach a plaidé pour une plus grande compétitivité de l’Union européenne face aux importations chinoises, tout en soulignant l’importance des échanges commerciaux ouverts.
- Des préoccupations concernant les droits de l’homme en Chine, notamment le cas de Jimmy Lai à Hong Kong, ont été soulevées lors des rencontres avec les dirigeants chinois.
La visite de Micheál Martin, qui s’est déroulée entre Pékin et Shanghai, a été marquée par un accueil chaleureux de la part des plus hautes autorités chinoises. Il a rencontré le président Xi Jinping, le Premier ministre Li Qiang et le président de l’Assemblée populaire nationale Zhao Leji, témoignant de l’importance accordée à cette visite par la Chine.
Sur le plan économique, l’Irlande se distingue par un excédent commercial avec la Chine, un atout rare pour un pays européen. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Irlande en Asie et le cinquième au niveau mondial. Le Taoiseach a mis en avant le potentiel de développement des échanges dans les secteurs agricoles et des énergies renouvelables. Il a notamment souligné l’intérêt chinois pour l’importation de produits alimentaires irlandais et pour une participation aux projets éoliens irlandais.
La coopération éducative entre l’Irlande et la Chine est également un pilier important de cette relation bilatérale. Treize établissements d’enseignement supérieur irlandais gèrent plus de 100 programmes conjoints avec des universités chinoises. Le Taoiseach a défendu la collaboration académique, rejetant les craintes quant à un éventuel risque pour la sécurité lié à l’accueil d’étudiants chinois en Irlande, une pratique courante dans de nombreux pays européens et aux États-Unis.
Au-delà des questions économiques, les discussions ont porté sur les relations entre la Chine et l’Union européenne, actuellement tendues. Les dirigeants chinois – Xi Jinping, Li Qiang et Zhao Leji – ont appelé à l’établissement d’un nouveau cadre de coopération. Cette demande intervient dans un contexte de désaccords sur la guerre en Ukraine, où la Chine soutient implicitement la Russie, et face à un excédent commercial chinois croissant, qui dépasse désormais les 1 000 milliards de dollars (environ 930 milliards d’euros) et inquiète les industriels européens.
Le Taoiseach a reconnu les préoccupations européennes concernant la compétitivité des entreprises chinoises, notamment dans le secteur des véhicules électriques. Il a cependant suggéré que l’Union européenne devrait se concentrer sur l’amélioration de sa propre compétitivité plutôt que de simplement critiquer les importations chinoises. « L’UE doit devenir plus compétitive », a-t-il déclaré.
Cette position pourrait sembler paradoxale au regard du vote récent du gouvernement irlandais contre l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, soulignant une certaine incohérence dans la politique commerciale de l’Irlande.
Lors de ses entretiens à Pékin, le Taoiseach n’a pas hésité à aborder la question des droits de l’homme, évoquant notamment le cas de Jimmy Lai, l’ancien propriétaire de médias hongkongais emprisonné pour « collusion avec des forces étrangères » en vertu de la loi sur la sécurité nationale. Âgé de 78 ans, il risque une peine de prison à vie et son procès est prévu la semaine prochaine. Bien que les responsables chinois soient habitués à répondre par de longues dissertations sur la primauté des droits nationaux, le Taoiseach a estimé qu’il était important de continuer à soulever ces questions pour témoigner de la solidarité avec les victimes de violations des droits de l’homme.