Home MondeLe guide suprême iranien affirme que les manifestants « détruisent leurs propres rues » pour plaire à Trump

Le guide suprême iranien affirme que les manifestants « détruisent leurs propres rues » pour plaire à Trump

by Clara Dubois

Publié le 9 janvier 2026 20h15. Les autorités iraniennes ont promis une répression sévère des manifestations qui secouent le pays, après une nouvelle nuit de contestation directe envers le soutien affiché par l’ancien président américain Donald Trump aux manifestants.

  • L’ayatollah Ali Khamenei a accusé Donald Trump d’avoir les mains « tachées du sang des Iraniens ».
  • Les forces de l’ordre iraniennes pourraient ouvrir le feu sur les manifestants, selon des informations non confirmées par l’Associated Press.
  • Plus de 62 personnes auraient été tuées et plus de 2 300 arrêtées depuis le début des troubles, selon une ONG basée aux États-Unis.

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a dénoncé les protestations comme une tentative de déstabilisation orchestrée de l’extérieur, accusant directement Donald Trump d’instrumentaliser le mécontentement populaire. Il a affirmé que les manifestants « détruisent leurs propres rues pour faire plaisir au président d’un autre pays », une référence claire à l’ancien dirigeant américain.

Dans un contexte de répression accrue, Gholamhossein Mohseni-Ejei, chef du pouvoir judiciaire iranien, a prévenu que les sanctions contre les manifestants seraient « décisives, maximales et sans aucune clémence légale ». Les médias d’État ont quant à eux accusé des « agents terroristes » affiliés aux États-Unis et à Israël d’être à l’origine des incendies et des violences, faisant état de « victimes » sans fournir de détails précis.

La situation a suscité une réaction internationale. Le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont publié une déclaration commune condamnant les violences signalées contre les manifestants et appelant l’Iran à garantir le droit à la liberté d’expression à ses citoyens, sans crainte de représailles.

Les manifestations, qui ont débuté le 28 décembre, sont alimentées par les difficultés économiques persistantes en Iran et représentent le défi le plus important auquel le gouvernement iranien est confronté depuis plusieurs années. Elles ont pris une nouvelle dimension avec l’appel lancé par le prince héritier Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, à descendre dans la rue. Selon Holly Dagres, chercheuse au Washington Institute for Near East Policy, les appels de Reza Pahlavi ont joué un rôle déterminant dans l’intensification des protestations.

« D’après les publications sur les réseaux sociaux, il est devenu clair que les Iraniens avaient répondu à l’appel et prenaient au sérieux leur appel à manifester pour renverser la République islamique. »

Holly Dagres, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy

Les autorités iraniennes ont coupé l’accès à Internet et aux appels téléphoniques internationaux, rendant difficile la vérification indépendante des informations. Des vidéos diffusées en ligne par des militants montrent cependant des manifestants scandant des slogans anti-gouvernementaux autour de feux de joie, dans les rues de Téhéran et d’autres villes. Des chants en faveur du Shah ont également été rapportés, un phénomène rare qui témoigne de la profondeur du mécontentement populaire.

Donald Trump a réaffirmé son soutien aux manifestants, avertissant que l’Iran « paierait l’enfer » s’il « tuait violemment des manifestants pacifiques ». Il a également évoqué la possibilité de rencontrer Reza Pahlavi, tout en soulignant qu’il était peut-être trop tôt pour le faire en tant qu’ancien président.

L’Iran a connu plusieurs manifestations à l’échelle nationale ces dernières années, exacerbées par les sanctions internationales et la dévaluation de sa monnaie, le rial, qui a atteint un taux de 1,4 million de rials pour un dollar en décembre. La réaction des autorités iraniennes à la vague de protestations actuelle reste incertaine, mais la promesse d’une répression sévère laisse présager une escalade potentielle de la violence.

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