Publié le 2026-01-10 08:35:00. Le Partenariat économique régional global (RCEP), en vigueur depuis quatre ans, s’avère un moteur de croissance pour les exportations agricoles, forestières et halieutiques vietnamiennes, malgré un contexte commercial mondial fluctuant. Si les opportunités sont nombreuses, le Vietnam doit affronter une concurrence accrue et adapter ses stratégies pour maximiser les bénéfices de cet accord.
- Les exportations de produits de la mer vers les pays du RCEP représentent désormais plus de 50 % du total des exportations du secteur.
- La Chine reste le premier marché pour les fruits et légumes vietnamiens, avec un chiffre d’affaires dépassant les 5 milliards de dollars en 2025.
- La concurrence s’intensifie avec des pays comme la Thaïlande, la Malaisie et le Laos, notamment sur des produits traditionnellement dominés par le Vietnam.
Le RCEP, qui couvre près de 30 % du PIB et de la population mondiale, est aujourd’hui la plus vaste zone de libre-échange au monde. Cet accord offre aux producteurs vietnamiens un accès privilégié à un marché immense, mais exige également une adaptation pour rester compétitif. Les règles d’origine flexibles du RCEP, qui autorisent le cumul régional, constituent un avantage majeur pour le Vietnam. Contrairement à d’autres accords, elles permettent de transformer des matières premières importées d’un pays membre du RCEP au Vietnam tout en bénéficiant de tarifs préférentiels.
Les chiffres témoignent de cette dynamique positive. En 2025, les exportations de produits de la mer vers la Chine ont dépassé les 2,2 milliards de dollars (soit une augmentation d’environ 33 % par rapport à 2024), celles vers le Japon ont atteint près de 1,7 milliard de dollars (+14,6 % sur un an), et celles vers la République de Corée et l’Australie ont progressé respectivement de 9,6 % et 3,2 %. Le secteur des fruits et légumes confirme également cette tendance, avec une croissance particulièrement marquée vers la Malaisie (+80 %) et l’Australie (+30 %).
Cependant, cette expansion n’est pas sans défis. Des ralentissements des importations ont été observés sur certains marchés de l’ASEAN.
« Les exportations de riz en 2025 n’ont plus maintenu la forte croissance observée les années précédentes, car des marchés clés tels que l’Indonésie et les Philippines ont fortement réduit leurs importations, une tendance qui devrait se poursuivre. »
Nguyen Chanh Trung, directeur de Hung Viet Rice Co., Ltd.
Pour contrer ce phénomène, les entreprises vietnamiennes doivent diversifier leurs marchés et se concentrer sur des produits à plus forte valeur ajoutée, comme le riz de haute qualité, le riz de spécialité et les produits transformés.
La concurrence au sein du RCEP est un autre facteur à prendre en compte. Le Vietnam se retrouve en concurrence directe avec des pays comme la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, le Laos et l’Australie sur des produits traditionnellement considérés comme ses atouts, tels que le riz, les fruits de mer et les fruits tropicaux. L’Agence du commerce extérieur du ministère de l’Industrie et du Commerce souligne que, si la Thaïlande et le Vietnam dominent le marché chinois du durian, la Malaisie, le Myanmar et le Laos gagnent rapidement du terrain, notamment dans le segment des produits transformés. Concernant le pamplemousse, le Laos est désormais le premier fournisseur de la Chine, une position que le Vietnam, malgré son offre abondante, n’a pas encore atteinte.
Pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par le RCEP, les entreprises vietnamiennes doivent adopter des stratégies plus ciblées, adaptées à chaque marché. La Chine représente un marché vaste mais très compétitif, l’ASEAN est en pleine restructuration, tandis que l’Australie et la Nouvelle-Zélande exigent des normes élevées et des engagements à long terme. Comprendre ces nuances est essentiel pour assurer la compétitivité des exportations vietnamiennes et maximiser les bénéfices de cet accord régional.
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