Home AffairesAu cours des 12 derniers mois, la « faiblesse du dollar » a amélioré les réserves de la BCRA de 3,4 milliards de dollars : perspectives pour 2026

Au cours des 12 derniers mois, la « faiblesse du dollar » a amélioré les réserves de la BCRA de 3,4 milliards de dollars : perspectives pour 2026

by Amélie Bernard

Publié le 10 janvier 2026 à 15h26. La faiblesse du dollar américain, observée en 2025, a eu des effets bénéfiques sur l’économie argentine, notamment en compensant certaines difficultés concurrentielles et en augmentant la valeur comptable des réserves de la Banque centrale.

  • Le prix de l’or a augmenté de 63,7 % et celui de l’argent a plus que doublé entre début et fin 2025, tandis que le dollar américain s’est déprécié de 9,4 % (mesuré par l’indice DXY).
  • Cette dépréciation du dollar a aidé l’Argentine à atténuer ses problèmes de compétitivité et à valoriser ses avoirs en or.
  • Plusieurs facteurs, notamment la politique monétaire américaine et la situation budgétaire des États-Unis, contribuent à la faiblesse persistante du dollar.

La fin de l’année 2025 a été marquée par une tendance à la baisse du dollar américain, une évolution qui n’est pas sans conséquences pour l’économie mondiale, et plus particulièrement pour l’Argentine. Selon un récent rapport du cabinet de conseil Quantum, fondé par l’ancien secrétaire aux Finances, Daniel Marx, cette « faiblesse du dollar américain » a offert deux avantages significatifs au pays.

Premièrement, un dollar moins fort sur les marchés internationaux permet de compenser en partie les difficultés rencontrées par les entreprises argentines en termes de compétitivité, à condition que cela n’affecte pas négativement les prix de ses matières premières d’exportation. Deuxièmement, cette dépréciation facilite la gestion des réserves internationales de la Banque centrale (BCRA) sur le plan comptable.

L’analyse de Quantum précise que, malgré un niveau constant des avoirs en or de la BCRA en 2025, l’augmentation du prix de l’or – exprimé en dollars – a généré un gain de réévaluation de 3,4 milliards de dollars. La dépréciation du dollar a été particulièrement prononcée au premier semestre de l’année dernière, avant de se stabiliser au second semestre, pour aboutir à une dépréciation nominale de 9,5 % en 2025, mesurée par l’indice DXY, qui est passé de 108,5 à la fin de 2024 à 98,3 à la fin de 2025.

Cependant, la dépréciation réelle du dollar, mesurée par le taux de change réel multilatéral (TCRM), est légèrement moins importante, s’élevant à un peu plus de 5 %. Cette différence s’explique en partie par la dépréciation encore plus forte du yuan chinois, qui n’est pas inclus dans l’indice DXY mais qui a un impact significatif sur le panier commercial américain. Ainsi, malgré l’imposition de droits de douane, les États-Unis ont non seulement maintenu, mais même augmenté leur excédent commercial mondial, principalement au détriment de l’Union européenne.

Quantum souligne que, même après la dépréciation observée en 2025, le dollar, mesuré par le TCRM, reste apprécié de 16 % par rapport à son niveau moyen à long terme (1994-2025). En d’autres termes, la monnaie américaine n’est pas encore aussi faible qu’elle pourrait l’être. Le niveau actuel est d’ailleurs comparable à celui enregistré au milieu de l’année 2024, lorsque la Réserve fédérale américaine (Banque centrale) a entamé son cycle de baisse des taux d’intérêt, qui se situe aujourd’hui à 3,75 % par an, contre 0,25 % en mars 2022.

« La poursuite de la réduction du taux directeur de la Fed, l’attente d’un écart croissant avec les autres banques centrales, la situation budgétaire des États-Unis, les perturbations financières ainsi que les coûts de transaction et les tarifs douaniers affectent négativement la valeur du dollar. »

Quantum, cabinet de conseil

Plusieurs facteurs contribuent à cette faiblesse du dollar, selon Quantum : la poursuite de la baisse des taux d’intérêt de la Fed, l’anticipation d’un différentiel croissant entre ces taux et ceux des autres banques centrales, la situation budgétaire des États-Unis, les perturbations liées aux politiques de sanctions financières, les coûts de transaction et les implications tarifaires qui ont conduit à une diminution de l’utilisation du dollar dans les transactions internationales et comme actif de réserve.

Néanmoins, deux éléments majeurs maintiennent et continueront de maintenir la position dominante du dollar : il reste la principale monnaie de paiement pour le commerce international et d’autres pays présentent des difficultés structurelles (déficits budgétaires, problèmes de compétitivité et de productivité, etc.) qui rendent un remplacement ou un déplacement peu probable.

Dans ce contexte, les réévaluations des minéraux et des valeurs refuges observées en 2025, avec une hausse des prix de l’or et de l’argent (en dollars) de 64 % et 148 % respectivement, tandis que le dollar baissait de 20 % et que le soja restait stable, s’inscrivent dans cette tendance.

Le rapport de Quantum ne se prononce pas sur l’évolution future, mais l’insistance de Donald Trump sur la nécessité de réduire les taux d’intérêt pour stimuler l’activité économique, et le fait qu’il aura l’occasion de nommer le prochain chef de la Fed en mai, suggèrent que le dollar ne continuera pas nécessairement à s’affaiblir en 2026, et qu’il est encore moins probable qu’il s’apprécie.

L’autre enjeu majeur pour Trump, illustré par son intervention au Venezuela et ses déclarations fréquentes sur le pétrole vénézuélien, est une baisse du prix du pétrole brut. Cela ne favoriserait pas nécessairement le potentiel d’exportation de Vaca Muerta, mais ne l’empêcherait pas non plus de se développer.

Enfin, si cette situation persiste, un affaiblissement supplémentaire du dollar continuerait de favoriser la compétitivité des exportations argentines et de réévaluer le stock de dollars détenu par la BCRA.

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