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Le partenariat Iran-Venezuela menacé après l’éviction de Maduro

La récente libération de personnalités clés au Venezuela a mis en lumière la situation désastreuse du pays, riche en ressources pétrolières mais en proie à une crise humanitaire profonde. Au-delà des préoccupations liées aux actions du gouvernement de…

Le partenariat Iran-Venezuela menacé après l’éviction de Maduro

La récente libération de personnalités clés au Venezuela a mis en lumière la situation désastreuse du pays, riche en ressources pétrolières mais en proie à une crise humanitaire profonde. Au-delà des préoccupations liées aux actions du gouvernement de Nicolás Maduro, l’influence croissante de l’Iran dans le secteur pétrolier vénézuélien suscite des inquiétudes quant à la sécurité régionale et aux intérêts occidentaux.

L’industrie pétrolière vénézuélienne, autrefois florissante, est aujourd’hui incapable de répondre à ses propres besoins en essence, malgré le fait que le pays possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde. En 2022, l’Iran a conclu un accord pluriannuel de 20 ans avec le Venezuela pour aider à relancer son secteur pétrolier, fournissant technologie, expertise et essence raffinée. Cette collaboration a permis une augmentation notable de la production pétrolière, passant de 669 000 barils par jour en décembre 2022 à 1,14 million de barils actuellement, malgré le maintien de sanctions américaines.

Selon Emanuele Ottolenghi, chercheur principal au Centre de recherche sur le financement du terrorisme, « Bien qu’il s’agisse du pays possédant les plus grandes réserves, l’industrie pétrolière du Venezuela n’est plus en mesure de raffiner sa propre essence pour répondre à ses propres besoins ». Une partie de cette augmentation de production profite directement à l’Iran, qui a obtenu un accès aux raffineries vénézuéliennes.

L’implication iranienne ne se limite pas au secteur pétrolier. Evan Ellis, professeur de recherche sur l’Amérique latine au US Army War College, souligne une dimension militaire croissante. « Au Venezuela, des agents iraniens ont participé à l’assemblage de drones militaires », a-t-il déclaré. Le Venezuela a également acquis des bateaux d’attaque rapides de fabrication iranienne, équipés de missiles, et des forces navales spéciales vénézuéliennes ont été formées en Iran au combat sous-marin. Ellis suggère que cette formation pourrait servir à équiper des plates-formes pétrolières de dispositifs explosifs.

Par ailleurs, le Venezuela est devenu une plateforme de propagande pour l’Iran dans la région, avec notamment une université à Caracas utilisée pour diffuser sa philosophie. L’accès aux passeports vénézuéliens a également facilité les déplacements des citoyens iraniens dans la région, contournant ainsi les restrictions liées à leur propre nationalité. « Je dirais que le Venezuela a été l’une des portes d’entrée de l’Iran dans la région », a affirmé Ellis.

À ce stade, l’avenir reste incertain. Ottolenghi estime qu’il est nécessaire d’observer attentivement l’évolution de la situation et la réaction des populations locales aux changements potentiels. Ellis, quant à lui, anticipe un alignement de certains groupes sur le nouveau régime, notamment les chavistes, les secteurs pétrolier et minier, désireux d’échapper aux sanctions américaines.

Selon Ellis, on peut s’attendre à une réduction des activités iraniennes au Venezuela. « Nous allons voir certaines activités de l’Iran être réduites », a-t-il déclaré, prévoyant « un coup dur pour la présence iranienne au Venezuela ».

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.