Home AffairesQuelles options les investisseurs ont-ils après le versement de 4,2 milliards de dollars par le gouvernement : réinvestir dans des obligations ou attendre ?

Quelles options les investisseurs ont-ils après le versement de 4,2 milliards de dollars par le gouvernement : réinvestir dans des obligations ou attendre ?

by Amélie Bernard

Publié le 11 janvier 2024 05:05:00. Le remboursement de 4,2 milliards de dollars de dette argentine suscite un débat parmi les investisseurs : faut-il réinvestir dans le pays ou explorer d’autres opportunités financières ?

  • Le paiement de la dette a été perçu comme un signal positif quant au respect des engagements financiers de l’Argentine.
  • Les analystes divergent sur la meilleure stratégie de réinvestissement, en fonction du profil de risque de chaque investisseur.
  • La stabilité macroéconomique et la politique budgétaire de l’Argentine seront déterminantes pour l’attractivité future des investissements.

Buenos Aires – Le remboursement récent de 4,2 milliards de dollars (USD) aux détenteurs d’obligations argentines a ouvert un nouveau chapitre pour les investisseurs et les épargnants. Après avoir reçu leurs fonds, la question se pose désormais : faut-il réinvestir dans la dette argentine ou se tourner vers d’autres instruments financiers ? Un ensemble de facteurs économiques et politiques complexes influencent cette décision.

Ces dernières semaines, le marché financier a été marqué par une série d’événements, notamment des fluctuations des taux de change, la mise en place de prêts Repo, l’annulation d’un swap avec les États-Unis et la crise persistante au Venezuela. Dans ce contexte volatil, certains experts conseillent d’attendre avant de prendre une décision, afin d’obtenir une vision plus claire de l’évolution de la situation.

Selon plusieurs sources du marché, la réponse dépendra en grande partie de la capacité du plan de stabilisation économique à réduire le risque pays, ce qui pourrait inciter les investisseurs à maintenir leurs investissements dans les obligations argentines, dont les rendements restent élevés.

Le paiement de la dette, effectué vendredi dernier, s’est déroulé dans un contexte particulier : bien qu’un défaut de paiement n’ait jamais été envisagé, des incertitudes planaient quant à la manière dont le remboursement serait effectué. Ce respect des échéances est interprété par de nombreux observateurs comme un signal positif.

Félix Marenco, conseiller financier chez Cocos Or, souligne l’importance de ce signal :

« Le paiement de l’État est un signal pertinent en termes de respect des contrats, qui est précisément ce dont le marché a besoin de voir de manière durable afin que le risque pays continue de diminuer. »

Félix Marenco, conseiller financier, Cocos Or

La régularité des paiements est perçue comme un élément clé pour réduire la prime de risque et améliorer l’accès aux marchés du crédit. Marenco estime qu’une part importante des fonds restera sur le marché argentin, où les rendements demeurent attractifs par rapport à des pays comparables présentant un profil de crédit similaire.

D’autres experts recommandent de diversifier les investissements. Une partie des fonds pourrait être allouée aux obligations négociables des entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, ainsi qu’à des instruments financiers libellés en dollars, offrant un équilibre entre rendement et risque. Le contexte d’un risque pays mieux contrôlé pourrait également encourager les entreprises à émettre de nouvelles dettes, comme cela s’est produit en novembre 2023, avec des placements atteignant des niveaux records.

Pour l’année à venir, Marenco résume :

« Le message est clair : si l’Argentine continue de payer et de respecter les règles, le scénario est constructif. Il n’y a pas besoin d’une épopée ; la cohérence et la prévisibilité sont suffisantes. »

Félix Marenco, conseiller financier, Cocos Or

Federico Filippini, responsable de la recherche chez AdCap, estime qu’il existe une opportunité d’étendre la durée des obligations souveraines en dollars afin de profiter d’éventuelles hausses liées à des nouvelles positives. Il met en avant deux facteurs récents : le début des achats de réserves par la Banque centrale dans le cadre du nouveau système monétaire et de change, et l’annonce du REPO, qui réduit la probabilité de pressions sur les réserves lors des échéances à venir. AdCap

Filippini souligne également l’importance du prochain examen avec le Fonds monétaire international (FMI) : « À l’avenir, la prochaine revue avec le Fonds – même si elle n’impliquera pas de décaissements importants – pourrait agir comme un catalyseur positif, dans la mesure où elle fournira un soutien aux recalibrages du programme économique. » Il anticipe également une amélioration de la notation de la dette souveraine par les agences de notation.

L’équipe Stratégie d’Investissements d’IOL a analysé le nouveau scénario et propose des alternatives en fonction du profil de risque de chaque investisseur. Pour les investisseurs conservateurs, ils recommandent un fonds commun de placement en dollars axé sur la stabilité, investissant dans des bons du Trésor américain et des obligations négociables de haute qualité. Pour les profils modérés, ils suggèrent le « Bopreal Series 1 », offrant un rendement de 7,0 % par an en dollars à l’échéance, avec une option de remboursement anticipé en avril 2027. Enfin, pour les investisseurs plus tolérants au risque, l’obligation « Global 2035 (GD35) » est proposée, avec un rendement effectif de 9,5 % par an en dollars.

Un rapport du Groupe SBS prévoit que le ministre de l’Économie, Luis Caputo, et le président du BCRA, Santiago Bausili, pourraient mettre en œuvre des mesures pour gérer la dette. Leurs analystes estiment que des opérations de passif ou des rachats d’obligations pourraient réduire les paiements en dollars dans les années à venir, ce qui constituerait un facteur positif supplémentaire pour les obligations. Groupe SBS

Le consensus général est qu’une part importante des dollars provenant des paiements du gouvernement restera sur le marché local, dans l’espoir que les prix des obligations se maintiennent et que le risque pays continue de diminuer. La capacité du gouvernement à maintenir la stabilité budgétaire et macroéconomique sera cruciale pour l’attractivité future des investissements en Argentine.

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