Publié le 11 janvier 2026 15:45:00. La transition vers les énergies renouvelables est désormais considérée comme irréversible, malgré les incertitudes géopolitiques, a affirmé Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, lors d’un événement à Abou Dhabi. Les investissements massifs et la croissance exponentielle des capacités installées confirment cette tendance, mais l’Afrique reste largement à la traîne.
- La capacité mondiale d’énergies renouvelables a été multipliée par près de 30 en dix ans, passant de 153 gigawatts (GW) en 2015 à plus de 4 400 GW en 2023.
- Un montant record de 2 400 milliards de dollars a été investi dans la transition énergétique en 2024, signe d’un engagement financier fort et durable.
- L’Afrique ne représente que 1,6 % de la capacité renouvelable installée mondialement et 2,3 % des investissements, malgré un potentiel solaire et éolien considérable.
Lors de la 16e Assemblée de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), qui s’est tenue dans le cadre de la Semaine du développement durable d’Abou Dhabi, Annalena Baerbock a souligné que la dynamique actuelle en faveur des énergies propres est largement portée par les forces du marché et non par des considérations idéologiques. Elle a insisté sur le fait que les investisseurs ne souhaitent pas voir leurs actifs dévalorisés, quelle que soit l’évolution du contexte politique.
L’adoption du Consensus des Émirats arabes unis lors de la COP28 à Dubaï en 2023 a renforcé cette orientation en engageant les pays à accélérer la transition vers des systèmes énergétiques à faibles émissions de carbone. L’Assemblée générale, en tant que dépositaire chargée de suivre les progrès de ce consensus, salue le rôle d’IRENA dans l’accompagnement des États membres, notamment par le biais de la coopération technologique, de la mobilisation des investissements et du soutien politique.
Baerbock a qualifié le moment actuel de « point de basculement positif » pour le système énergétique mondial. Elle a illustré cette dynamique en rappelant que la capacité mondiale d’énergies renouvelables n’était que de 153 GW en 2015, contre plus de 4 400 GW l’année dernière.
Cependant, la présidente de l’Assemblée générale a également mis en garde contre un déséquilibre persistant. Elle a déploré le fait que l’une des promesses centrales de l’Accord de Paris – l’électrification du continent africain grâce aux énergies renouvelables – n’ait pas été tenue.
« Aucun investisseur ne veut d’actifs bloqués, quelle que soit la tournure des vents politiques. »
Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies
Pour combler ce fossé, Baerbock a appelé les gouvernements et les institutions financières à augmenter le financement, à approfondir les partenariats et à investir dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée dans le domaine des énergies renouvelables dans les régions en développement. Elle a également plaidé pour des réformes du système financier international, notamment des mesures d’allègement de la dette, afin de garantir des chaînes d’approvisionnement stables et abordables pour les technologies renouvelables, les minéraux essentiels et les infrastructures d’énergie propre.
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