Publié le 11 janvier 2026 à 20h43. Face à l’escalade du conflit en Ukraine, la Suède renforce ses défenses aériennes tandis que Kiev revendique des frappes sur des infrastructures énergétiques russes et dénonce un « terrorisme » délibéré de Moscou ciblant les civils en plein hiver.
- La Suède investit 1,4 milliard d’euros dans ses systèmes de défense aérienne, suite à l’expérience acquise en observant la situation en Ukraine.
- L’Ukraine affirme avoir frappé trois plateformes pétrolières russes en mer Caspienne, visant des installations soutenant l’effort de guerre russe.
- L’alimentation électrique a été rétablie dans la région de Zaporizhzhia après une panne totale causée par des frappes de drones russes.
La Suède a annoncé ce dimanche une augmentation significative de ses dépenses militaires, allouant 15 milliards de couronnes suédoises (1,4 milliard d’euros) à l’amélioration de sa défense aérienne. Cette décision intervient en réponse à la menace croissante posée par la Russie et vise à renforcer la protection des infrastructures civiles, comme l’a souligné le gouvernement suédois. « L’expérience ukrainienne montre à quel point une défense aérienne robuste est importante », a-t-il déclaré.
En novembre dernier, Stockholm avait déjà annoncé l’acquisition de systèmes de défense aérienne Iris-T pour un montant d’environ 317 millions d’euros. L’adhésion de la Suède à l’OTAN en 2024, après des décennies de neutralité, a marqué un tournant décisif et a entraîné une augmentation notable des dépenses militaires du pays.
Par ailleurs, l’Ukraine a revendiqué des frappes réussies contre trois plateformes pétrolières russes en mer Caspienne, identifiées comme étant les installations Lukoil W. Filanovsky, Yuri Korchagin et Valeri Graifer. Selon les informations militaires ukrainiennes, ces installations servent de soutien logistique à l’armée russe et ont subi des impacts directs. L’étendue des dégâts est en cours d’évaluation.
Les forces ukrainiennes ont également rapporté avoir incendié une tour de communication anti-aérienne russe dans la région de Moscou, une opération menée par un mouvement clandestin appelé Atesh. Selon les informations diffusées par ce groupe sur Telegram, la tour servait de centre de commandement et de communication pour la défense aérienne russe, et sa destruction a également endommagé des équipements de reconnaissance et de défense des signaux.
L’armée ukrainienne a également signalé la première utilisation d’un nouveau drone de combat russe, le Geran-5, similaire au drone iranien Karrar. Cet appareil, d’une longueur de six mètres et d’une envergure de 5,5 mètres, a une portée d’environ 1 000 kilomètres et peut transporter une ogive de jusqu’à 90 kilos. Le Kremlin envisage de moderniser ses avions de combat Su-25 avec ces drones afin d’accroître leur portée et leur capacité à contrer les avions ukrainiens.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de cibler délibérément les infrastructures civiles en pleine vague de froid, qualifiant ces actions de « terrorisme russe cynique ». Il a dénoncé l’utilisation massive de drones et de missiles par l’armée russe, notamment contre les infrastructures énergétiques, et a souligné que plus de 1 100 drones de combat, 890 bombes aériennes et plus de 50 missiles de différents types ont été déployés cette semaine.
La région de Zaporizhzhia a connu une panne de courant totale temporaire, ainsi que des perturbations dans certaines parties de la région de Dnipropetrovsk, en raison des frappes russes et des fortes chutes de neige. L’alimentation a été rétablie dans la matinée, mais les températures actuelles, atteignant -15 degrés Celsius, rendent la situation particulièrement difficile pour la population.
L’utilisation du missile Oreshnik par Moscou a suscité l’inquiétude en Occident. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), ce missile a probablement été utilisé pour cibler une usine de réparation d’avions appartenant à l’État, située au sud-ouest de la ville de Lviv. Les responsables russes, notamment Dmitri Medvedev, ont menacé de recourir à nouveau à ce type d’arme si des troupes européennes ou de l’OTAN étaient déployées en Ukraine dans le cadre de garanties de sécurité.
Les services de renseignement ukrainiens ont également signalé que l’armée russe a subi des pertes importantes au cours des dernières 24 heures, avec 1 130 soldats tués ou blessés, ainsi que la destruction de 11 chars et 44 systèmes d’artillerie. Depuis le début du conflit, le 24 février 2022, le bilan total des pertes russes s’élève à environ 1 218 940 soldats.