Home DivertissementLa militarisation des terres rares en Chine augmente pour la première fois en 16 ans… Le Japon impuissant[시사쇼]

La militarisation des terres rares en Chine augmente pour la première fois en 16 ans… Le Japon impuissant[시사쇼]

by Antoine Girard

Publié le 11 janvier 2026 à 16h25. La Chine a riposté aux déclarations du Premier ministre japonais concernant Taïwan en imposant des restrictions à l’exportation de terres rares, des matières premières cruciales pour l’industrie technologique, plongeant le Japon dans l’incertitude économique.

  • La Chine a instauré un contrôle strict sur l’exportation de matériaux à double usage, incluant les terres rares, vers le Japon.
  • Cette mesure, la première du genre depuis 2010, a provoqué une chute immédiate de la bourse japonaise.
  • Le Japon dépend à 70 % de la Chine pour son approvisionnement en terres rares, ce qui pourrait entraîner des pertes considérables si les restrictions persistent.

Pékin justifie cette décision par les récentes déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi concernant Taïwan, qu’elle considère comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Le gouvernement chinois accuse M. Takaichi d’avoir remis en question le principe d’une seule Chine, pierre angulaire de sa politique étrangère.

Les nouvelles réglementations chinoises sont plus strictes que celles mises en place en 2010. Elles ne concernent plus uniquement les terres rares, mais s’étendent à tous les matériaux à double usage susceptibles d’être détournés à des fins militaires, ainsi qu’aux équipements et matériaux semi-conducteurs. Plus de 1 000 articles sont désormais soumis à un contrôle d’exportation.

La Chine a également mis en œuvre une mesure de « boycott secondaire », interdisant aux pays tiers de revendre au Japon des matériaux à double usage importés de Chine. Cette pratique, souvent utilisée par les États-Unis à l’encontre de Pékin, marque une escalade significative dans la tension commerciale entre les deux pays.

Selon des estimations, une interruption de trois mois de l’approvisionnement en terres rares pourrait coûter au Japon environ 660 milliards de yens (plus de 6 000 milliards de wons coréens). Les terres rares sont indispensables à la fabrication de produits électroniques, de semi-conducteurs et d’armements de pointe.

Le Premier ministre Takaichi refuse pour l’instant de revenir sur ses déclarations concernant Taïwan, malgré les pressions chinoises. Il a toutefois indiqué qu’il y réfléchirait, tout en soulignant que ses propos étaient plus fermes que ceux de son prédécesseur. Cette position est rendue difficile par l’alliance étroite entre le Japon et les États-Unis, ainsi que par l’influence des forces conservatrices japonaises, fermement opposées à la Chine.

La question de Taïwan est perçue différemment par les forces de droite japonaises, qui estiment que l’île n’a jamais fait partie intégrante du territoire chinois. Cette perspective, similaire à celle du Parti démocrate progressiste au pouvoir à Taïwan, est en contradiction directe avec le principe d’une seule Chine défendu par Pékin.

La Chine pourrait intensifier ses sanctions si M. Takaichi ne modifie pas sa position. Des experts craignent que les contrôles sur les exportations de terres rares ne s’étendent à d’autres matières premières stratégiques.

Cette situation rappelle celle de 2010, lorsque la Chine avait déjà restreint l’exportation de terres rares vers le Japon. À l’époque, le Japon avait réussi à réduire sa dépendance à l’égard de la Chine, passant de 84 % à 57 %, mais elle est remontée à 69-70 % l’année dernière en raison du coût plus faible des terres rares chinoises.

L’annonce des restrictions chinoises coïncide avec la visite du président sud-coréen Lee Jae-myung en Chine. Certains analystes y voient un message d’avertissement adressé à Séoul, qui dépend également à plus de 80 % de la Chine pour son approvisionnement en terres rares. La Chine a ainsi souligné les conséquences potentielles d’une politique anti-chinoise.

Lors de sa visite, le président Lee Jae-myung a abordé des sujets sensibles tels que la question de la structure de la mer de l’Ouest et de la zone économique exclusive entre les deux pays. La Chine semble avoir adopté une ligne dure pour faire pression lors de ces négociations.

Les États-Unis ont également réagi à la situation, soulignant la flexibilité stratégique des troupes américaines stationnées en Corée. Ils ont précisé que, en cas de conflit militaire en Asie du Nord-Est, certaines de ces troupes pourraient être redéployées dans d’autres régions.

En fin de compte, la militarisation des terres rares ne menace pas seulement le Japon et la Corée. La Chine est également impliquée dans des conflits territoriaux avec d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Des experts craignent que la plupart des pays d’Asie de l’Est ne deviennent la cible de pressions diplomatiques ou économiques utilisant les terres rares comme arme.

Journaliste Lee Hyun-woo [email protected]

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