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Que peuvent faire l’UE et l’OTAN pour empêcher Trump de tenter de revendiquer le Groenland ? | Groenland

Publié le 12 janvier 2026 09:57:00. L’administration américaine continue de faire planer la menace d’une prise de contrôle du Groenland, suscitant l’inquiétude en Europe et au sein de l’OTAN, qui se cherchent une stratégie pour dissuader Washington ou…

Que peuvent faire l’UE et l’OTAN pour empêcher Trump de tenter de revendiquer le Groenland ? | Groenland

Publié le 12 janvier 2026 09:57:00. L’administration américaine continue de faire planer la menace d’une prise de contrôle du Groenland, suscitant l’inquiétude en Europe et au sein de l’OTAN, qui se cherchent une stratégie pour dissuader Washington ou réagir à une action concrète.

  • Les États-Unis ont réaffirmé à plusieurs reprises leur intérêt pour le contrôle du Groenland, invoquant des motifs de sécurité nationale.
  • L’UE et l’OTAN sont confrontées à un dilemme, le Groenland étant lié au Danemark, membre de l’alliance.
  • Plusieurs options sont à l’étude, allant de la diplomatie et du renforcement de la sécurité arctique à des sanctions économiques et au déploiement de troupes européennes.

L’administration Trump n’a cessé de marteler son intention de prendre le contrôle du Groenland, justifiant cette ambition par des impératifs de sécurité nationale et laissant entendre qu’elle agirait « qu’ils le veuillent ou non ». Cette attitude crée une situation délicate pour l’Union européenne et l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Le Groenland, territoire autonome du Danemark, n’est pas membre de l’OTAN, mais le Danemark, lui, l’est. L’île arctique bénéficie donc des garanties de défense de l’alliance par le biais de l’adhésion danoise. Les dirigeants européens ont fermement défendu la souveraineté et l’intégrité territoriale du Groenland et du Danemark, ainsi que leur droit à l’autodétermination, mais une stratégie claire pour dissuader Donald Trump ou réagir à une éventuelle action américaine reste à définir.

Plusieurs pistes sont explorées. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, doit rencontrer mercredi les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland. En amont, les ambassadeurs du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen, et du Groenland, Jacob Isbosethsen, ont déjà commencé à faire pression sur les législateurs américains.

La diplomatie mise sur la réponse aux préoccupations américaines en matière de sécurité. Les représentants danois et groenlandais soulignent l’existence d’un traité de défense américano-danois datant de 1951, actualisé en 2004, qui permet déjà une présence militaire américaine importante sur l’île, y compris la construction de nouvelles bases. Ils insistent également sur le fait qu’une attaque américaine contre le Groenland serait perçue comme une agression envers un membre de l’OTAN, ce qui, selon la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, signifierait « la fin de l’OTAN ».

Au niveau de l’OTAN, des ambassadeurs ont convenu la semaine dernière à Bruxelles d’augmenter les dépenses militaires dans l’Arctique, en déployant davantage d’équipements et en organisant des exercices plus fréquents et de plus grande envergure pour répondre aux inquiétudes américaines. Bien que les affirmations de Trump concernant une présence chinoise et russe massive au Groenland soient largement exagérées, les diplomates estiment qu’une démarche occidentale concertée visant à renforcer la sécurité extérieure de l’île pourrait être la solution la moins risquée.

Cette approche pourrait s’inspirer de l’opération Sentinelle Baltique, lancée l’année dernière pour sécuriser les infrastructures dans la mer Baltique, et de Sentinelle de l’Est, qui étend ce concept à la protection du flanc oriental de l’Europe contre les drones et autres menaces.

Sur le plan économique, l’UE dispose théoriquement d’un levier important face aux États-Unis, avec un marché de 450 millions de personnes. Des mesures de représailles, allant de la fermeture de bases militaires américaines en Europe à l’interdiction des achats européens d’obligations d’État américaines, pourraient être envisagées. L’« instrument anti-coercition » de l’UE, surnommé « bazooka commercial », permettrait d’interdire l’accès des biens et services américains au marché européen, d’imposer des droits de douane, de priver les entreprises américaines de leurs droits de propriété intellectuelle et de bloquer leurs investissements.

Cependant, une telle décision nécessiterait l’accord unanime des États membres, ce qui semble peu probable, compte tenu de la volonté de ne pas nuire à l’économie européenne et de maintenir les États-Unis engagés dans le soutien à l’Ukraine. Jean-Marie Guéhenno, ancien haut fonctionnaire de l’ONU, a souligné que l’Europe reste dépendante des technologies américaines dans de nombreux domaines, de la protection des données à l’intelligence artificielle en passant par les mises à jour logicielles, y compris pour la défense.

Enfin, l’investissement direct au Groenland pourrait être une autre voie. L’économie groenlandaise dépend fortement des subventions annuelles du Danemark, qui représentent environ 20 % de son PIB. L’UE pourrait s’engager à doubler ses contributions pour contrer l’influence économique américaine, notamment en vue de l’indépendance future du Groenland. La Commission européenne a d’ailleurs présenté en septembre une proposition de financement supplémentaire pour les territoires associés à l’UE, dont le Groenland.

La solution la plus radicale serait le déploiement de troupes européennes sur l’île, en accord avec Copenhague et Nuuk, afin de signaler l’engagement de l’Europe envers l’intégrité territoriale du Groenland. Moreno Bertoldi et Marco Buti, du groupe de réflexion Bruegel, ont plaidé pour une telle mesure, estimant qu’elle rendrait une annexion américaine beaucoup plus complexe. L’Allemagne et la France ont déjà évoqué la possibilité d’un tel déploiement. La capacité de déploiement rapide de l’UE permettrait de mobiliser jusqu’à 5 000 soldats provenant de différents États membres.

Cependant, l’efficacité de ces mesures dépendra de la perception qu’aura Donald Trump de leur crédibilité. Selon Sergey Lagodinsky, eurodéputé vert allemand, « une action militaire américaine contre l’UE aurait des conséquences dévastatrices sur la coopération en matière de défense, les marchés et la confiance mondiale dans les États-Unis », ce qui pourrait inciter le président américain à reconsidérer sa position.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.