Un manifestant a été légèrement blessé et un homme a été arrêté dimanche à Los Angeles après qu’un fourgon U-Haul a foncé dans la foule lors d’une manifestation de soutien au mouvement de contestation en Iran. L’incident, survenu dans le quartier de Westwood, a suscité l’inquiétude et la colère des participants.
Selon la police de Los Angeles, le conducteur du véhicule a été interpellé et placé en garde à vue dans l’attente d’une enquête plus approfondie. La victime n’a pas été grièvement blessée, mais a reçu des soins sur place.
Des images diffusées par la chaîne de télévision ABC7 montraient des manifestants s’agglutinant autour du fourgon, tentant de l’ouvrir et proférant des insultes contre le conducteur. Des mâts de drapeaux ont été introduits par les fenêtres et des coups ont été portés au véhicule.
Le fourgon, arborant une banderole proclamant « Pas de Shah. Pas de régime. États-Unis : ne répétez pas 1953. Pas de mollah », a finalement été immobilisé à quelques pâtés de maisons et encerclé par les forces de l’ordre. Cette banderole fait référence au coup d’État soutenu par les États-Unis en 1953 qui a renversé le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh.
Des centaines de personnes, dont beaucoup brandissaient le drapeau iranien, s’étaient rassemblées le long de Veteran Avenue pour exprimer leur solidarité avec les manifestations qui secouent l’Iran depuis plusieurs semaines. Ces protestations ont été déclenchées par la crise économique croissante dans le pays.
Los Angeles, qui abrite la plus importante communauté iranienne hors d’Iran, n’est pas la seule ville à avoir été le théâtre de manifestations ce week-end. Des rassemblements similaires ont eu lieu devant Downing Street à Londres, ainsi qu’à l’ambassade iranienne au Royaume-Uni, où un manifestant a même réussi à arracher le drapeau national samedi.
La situation en Iran reste tendue. L’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a fait état de plus de 500 morts et de plus de 10 000 arrestations depuis le début des manifestations le 28 décembre. L’accès à l’information est toutefois limité en raison d’une coupure des communications qui affecte l’ensemble des 31 provinces iraniennes, selon l’organisme de surveillance de la cybersécurité NetBlocks, qui signale une interruption des services d’au moins 84 heures.
À Washington, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il examinait « des options très fortes » en réponse aux troubles en Iran. « Si [les Iraniens] font cela, nous les frapperons à un niveau jamais atteint auparavant », a-t-il averti, en référence à d’éventuelles représailles.
Selon l’agence Reuters, le ministre américain des Affaires étrangères Marco Rubio et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont discuté samedi de la possibilité d’une intervention américaine en Iran lors d’un appel téléphonique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé lundi que les manifestations à l’échelle nationale étaient désormais « totalement sous contrôle ».