Publié le 12 janvier 2026 15:58:00. Un observateur de longue date du Consumer Electronic Show (CES) tire la sonnette d’alarme, dénonçant une perte de sens et de responsabilité éthique au sein de l’événement phare de la technologie, et remet en question son modèle environnemental.
- Après 22 participations au CES, un expert estime que l’événement a perdu son âme, privilégiant l’étalage technologique à la réflexion sur son impact réel.
- L’absence de leadership éthique et la contradiction entre la promotion de l’innovation et l’empreinte environnementale du salon sont pointées du doigt.
- L’auteur plaide pour une innovation plus responsable, axée sur l’intention, les choix éthiques et la capacité à remettre en question les modèles existants.
Après plus de deux décennies à assister au Consumer Electronic Show (CES), un événement autrefois synonyme d’avant-garde technologique, un expert a annoncé qu’il ne participerait plus à l’édition 2026. Son constat est sans appel : le CES a muté, perdant de vue sa mission initiale. Il se souvient d’une époque où le salon permettait de véritablement « ressentir » l’avenir, de percevoir la direction que prendrait la technologie au service de l’humain et du progrès. Aujourd’hui, il y voit surtout une accumulation de nouveautés déguisées en rupture, avec une omniprésence de l’intelligence artificielle (IA) et des démonstrations robotiques plus axées sur l’image que sur la substance.
Ce qui préoccupe le plus cet observateur, c’est le manque de considération pour les enjeux éthiques. Il souligne que l’innovation ne peut se limiter à des indicateurs de performance, à la puissance de calcul ou à l’intelligence artificielle embarquée. La question fondamentale, selon lui, est de savoir pourquoi nous développons ces technologies, à qui elles profitent et quelles conséquences nous sommes prêts à accepter. Le CES, de plus en plus, met en avant ce qui est techniquement possible, tout en éludant les questions cruciales de responsabilité, de confiance, d’impact sociétal et de valeur à long terme.
L’événement est également critiqué pour son impact environnemental. Chaque année, plus de 140 000 personnes du monde entier se rendent à Las Vegas en janvier pour le CES, générant un flux important de voyages aériens, de logistique, d’installations temporaires et de consommation d’énergie. Dans un contexte mondial où la durabilité est devenue une priorité, ce modèle semble dépassé et difficile à justifier. Un leadership technologique éthique, insiste l’auteur, implique également d’aligner la manière dont nous nous réunissons avec les valeurs que nous prétendons défendre.
Malgré ces critiques, l’expert reconnaît que le CES reste un lieu d’affaires où des accords sont conclus et des partenariats établis. Cependant, il déplore que le salon ne soit plus un espace où l’on pose des questions difficiles, mais plutôt un endroit où l’industrie se rassure sur sa progression, sans toujours vérifier si elle emprunte la bonne voie. Il estime que le prochain chapitre de l’innovation ne sera pas défini par des démonstrations toujours plus spectaculaires, mais par la clarté des intentions, les choix éthiques et la capacité à dire non aux formats et aux habitudes obsolètes. L’avenir de la technologie, conclut-il, mérite plus que du spectacle : il mérite de la responsabilité.
L’auteur invite ses lecteurs à partager leur propre point de vue sur cette question.
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