La parution du dernier livre de Scott Galloway, intitulé « Notes sur le fait d’être un homme », a suscité une vive controverse. Accusé de misogynie par certains, l’ouvrage tente de répondre à un besoin croissant de repères chez les jeunes hommes, confrontés à des difficultés croissantes dans l’éducation, la carrière et la vie sociale.
L’ouvrage, publié en novembre 2025, propose un ensemble de conseils pragmatiques et directs, allant de l’importance de développer ses talents plutôt que de suivre aveuglément sa passion à la nécessité de cultiver sa force mentale et physique. Galloway insiste sur l’importance de l’autonomie et de la responsabilité personnelle : « Si vous vous entraînez régulièrement, que vous êtes prêt à prendre des risques, à approcher quelqu’un et à exprimer un intérêt romantique tout en le faisant se sentir en sécurité, et que vous avez un travail, vous êtes déjà dans la moitié supérieure des hommes », explique-t-il.
Ce livre a provoqué une levée de boucliers, notamment parmi les critiques féminines. Jessica Winter, du New Yorker, s’est ainsi interrogée sur la pertinence même d’aborder la question de la virilité à l’heure actuelle : « Pourquoi parler de virilité ? Même les Boy Scouts sont devenus étudiants ». D’autres, comme la journaliste Taylor Lorenz, ont qualifié Galloway de « misogyne enragé » propageant une « vision du monde toxique ».
Galloway se défend de ces accusations, affirmant qu’il cherche simplement à offrir un cadre de référence à une génération masculine en difficulté. Il souligne que les jeunes hommes sont de plus en plus nombreux à se sentir perdus, sans code moral ou familial clair. « Tout le monde a besoin d’un code. Certaines personnes l’obtiennent de la religion, de la famille, de l’armée, du travail, mais je dirais qu’il y a actuellement beaucoup de jeunes hommes qui n’ont pas de code », a-t-il déclaré.
L’auteur s’inquiète également de l’influence grandissante de figures en ligne toxiques, comme Nick Fuentes, Hayden McDougall et Sneako, qui prônent le ressentiment et la division. « Ce sont des parasites qui s’attaquent au désespoir et à la colère, et il me serait difficile d’imaginer une influence plus malsaine », affirme-t-il. Il met en garde contre ces « faux hommes vendant des versions déformées de ce que signifie être un homme ».
Galloway reconnaît que son message ne plaira pas à tout le monde, mais il estime qu’il est essentiel de proposer une alternative positive aux jeunes hommes qui se sentent désorientés. Il souligne que les mères célibataires ont été parmi les plus ferventes supportrices de son livre, témoignant d’un manque d’influence masculine positive dans de nombreux foyers. « Si nous voulons des hommes meilleurs, nous devons être de meilleurs hommes », conclut-il.
Son travail rappelle, selon certains, l’ouvrage de Jordan Peterson, « 12 Règles pour la vie », paru en 2018, dans sa volonté de proposer des conseils simples et concrets pour améliorer sa vie. Galloway insiste sur l’importance du travail acharné, de la prise de soin de soi et des autres, et d’une masculinité consciente de ses responsabilités.
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