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Publié le 12 janvier 2026 à 23h04. L'économie américaine affiche une résilience surprenante face aux incertitudes commerciales et géopolitiques, selon les dernières analyses de la Réserve fédérale. Un retour à l'inflation cible de 2 % est attendu d'ici…

Publié le 12 janvier 2026 à 23h04. L’économie américaine affiche une résilience surprenante face aux incertitudes commerciales et géopolitiques, selon les dernières analyses de la Réserve fédérale. Un retour à l’inflation cible de 2 % est attendu d’ici 2027, malgré les effets persistants des droits de douane.

  • L’économie américaine a connu une croissance supérieure à 2 % en 2025 et devrait accélérer en 2026.
  • Les droits de douane ont principalement été répercutés sur les entreprises et les consommateurs américains, contribuant à environ un demi-point de pourcentage à l’inflation actuelle.
  • La Réserve fédérale a ajusté sa politique monétaire pour mieux équilibrer les risques liés à l’emploi et à l’inflation.

Les termes « rage-bait », « AI slop » et « 6-7 » ont marqué l’année 2025, mais le mot « résilience » semble le plus approprié pour décrire la performance économique américaine, a souligné un responsable de la Réserve fédérale lors d’une intervention devant le Council on Foreign Relations. Malgré un contexte international complexe, l’économie américaine a continué de croître et de faire preuve d’une capacité d’adaptation notable.

Selon les données disponibles, qui arrivent progressivement en raison de la récente fermeture administrative, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a dépassé légèrement les 2 % en 2025 et devrait s’accélérer cette année. Le marché du travail, bien que ralenti ces deux dernières années, devrait se stabiliser avant de se redresser légèrement. L’inflation, après un pic attendu au premier semestre 2026 en raison de l’impact complet des droits de douane, devrait ensuite converger vers l’objectif à long terme de 2 % fixé par le FOMC (Federal Open Market Committee).

L’impact des droits de douane, un sujet central en 2025, a été analysé en détail. Les estimations actuelles indiquent que ces droits ont été majoritairement supportés par les entreprises et les consommateurs américains, plutôt que par les producteurs étrangers. Ils ont déjà entraîné une augmentation significative des prix des produits importés, avec une contribution estimée à environ 0,5 point de pourcentage au taux d’inflation actuel, qui se situe entre 2,75 % et 3 %.

En dehors des droits de douane, les tendances inflationnistes sous-jacentes sont jugées favorables. L’inflation dans le secteur du logement continue de baisser, il n’y a pas de goulots d’étranglement majeurs dans les chaînes d’approvisionnement et la croissance des salaires est compatible avec une faible inflation. Les anticipations d’inflation restent également bien ancrées, comme le montre l’enquête sur les attentes des consommateurs (SCE) de la Fed de New York, où les attentes à moyen et long terme restent dans leurs fourchettes pré-pandémiques.Enquête sur les attentes des consommateurs de la Fed de New York

Le marché du travail a connu un refroidissement en 2025, la demande de main-d’œuvre ne parvenant pas à suivre l’offre. Le taux de chômage a augmenté pour atteindre 4,4 % à la fin de l’année. Des indicateurs supplémentaires, tels que ceux du Conference Board et de la Fédération nationale de l’entreprise indépendante, confirment cette tendance à un sous-emploi croissant. Cependant, ce refroidissement est progressif et ne s’accompagne pas d’une augmentation massive des licenciements.

Cette résilience économique ne se limite pas aux États-Unis. De nombreuses économies à travers le monde ont également bien résisté aux effets de l’incertitude liée à la politique commerciale américaine. La plupart des autres pays n’ayant pas imposé de droits de douane réciproques, ils n’ont pas connu la même augmentation des prix à l’importation que les États-Unis.

La politique monétaire de la Réserve fédérale est désormais positionnée pour soutenir la stabilisation du marché du travail et le retour de l’inflation à l’objectif de 2 %. Les réductions cumulées de 75 points de base du taux des fonds fédéraux en 2025 ont rapproché l’orientation de la politique monétaire de la neutralité. Le scénario de base prévoit une inflation culminant entre 2,75 % et 3 % au premier semestre 2026, avant de retomber à moins de 2,5 % pour l’ensemble de l’année et d’atteindre l’objectif de 2 % en 2027. La croissance du PIB devrait se situer entre 2,5 % et 2,75 % en 2026, stimulée par un rebond au premier trimestre, des mesures budgétaires favorables et les investissements dans l’intelligence artificielle.

La Réserve fédérale a également mis fin à la réduction de ses avoirs en titres du Trésor, en titres de créance d’agences et en titres adossés à des créances hypothécaires d’agences début décembre.Procès-verbal du FOMC de décembre 2023 Le FOMC a décidé de lancer des achats de gestion des réserves afin de maintenir un approvisionnement suffisant en réserves bancaires. Cette mesure vise à garantir un contrôle efficace des taux d’intérêt et ne constitue pas un changement d’orientation de la politique monétaire. Les opérations de pension permanentes de la Fed continueront d’être utilisées pour atténuer les pressions sur les taux du marché monétaire.

En conclusion, malgré les incertitudes persistantes, l’économie américaine semble prête pour une croissance solide et un retour à la stabilité des prix. La politique monétaire de la Réserve fédérale restera axée sur l’évolution des données économiques, des perspectives et des risques pour atteindre ses objectifs d’emploi maximal et de stabilité des prix.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.