Publié le 13 janvier 2026. Mattel lance une Barbie inédite, conçue pour représenter les personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme, une initiative saluée par certains comme un pas vers l’inclusion, mais critiquée par d’autres comme une commercialisation d’une condition complexe.
- Mattel a présenté lundi 12 janvier 2026 une Barbie représentant les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme.
- La poupée a été développée en collaboration avec l’association américaine Autistic Self Advocacy Network (ASAN) et intègre des caractéristiques symboliques de l’autisme.
- L’association SOS autisme en France dénonce une démarche marketing et demande à Mattel d’organiser une véritable campagne d’information sur l’autisme.
Le fabricant de jouets Mattel poursuit ses efforts pour diversifier sa gamme et refléter une plus grande variété de profils. Après avoir lancé des poupées représentant des personnes atteintes de trisomie 21 ou encore des Barbies aveugles, la marque a dévoilé lundi sa nouvelle création : une Barbie conçue pour représenter les personnes autistes.
Selon Mattel, l’objectif est de « promouvoir la représentation des enfants à travers le jeu ». Pour concevoir cette poupée, qui s’intègre à la collection « Barbie fashionista », la firme américaine a travaillé en étroite collaboration avec l’Autistic Self Advocacy Network (ASAN), une association américaine de défense des droits des personnes autistes. La poupée est censée refléter « certaines façons dont les personnes autistes perçoivent et interagissent avec le monde ».
Plusieurs détails physiques ont été pensés pour symboliser certaines caractéristiques associées à l’autisme. La Barbie possède un regard légèrement décalé, représentant l’absence de contact visuel chez certaines personnes. Ses bras sont articulés pour permettre des mouvements d’autostimulation, comme le battement des mains. Elle porte également un casque antibruit pour réduire la surcharge sensorielle et tient une toupie dans sa main, un objet souvent utilisé pour favoriser la concentration.
La créatrice de contenus française Rofrane Bambarra, également mère de quatre enfants autistes, a participé à l’élaboration de ce jouet. « Avoir cette poupée, porteuse d’un tel message, est une véritable chance, aussi bien pour nous, que pour les enfants, à qui elle permet de se projeter », a-t-elle déclaré dans le communiqué diffusé par Mattel.
Cependant, cette initiative ne fait pas l’unanimité. L’association SOS autisme en France a exprimé son désaccord. Interrogée par France Info, sa présidente, Olivia Cattan, s’est dite « extrêmement choquée » par la fabrication de cette poupée : « C’est quand même un trouble qui est sérieux, et là, on a l’impression que c’est devenu un accessoire. On porte un casque, on a un hand spinner dans la main pour évacuer le stress et ça y est, on est autiste. C’est vraiment réduire complètement ce syndrome en quelque chose de marketing. »
L’association a envoyé un courrier à Mattel, l’invitant à organiser une « vraie campagne d’information sur l’autisme », conformément à ses déclarations d’intention. Mattel a annoncé qu’elle ferait don de 1 000 de ces poupées à des hôpitaux pédiatriques américains disposant de services spécialisés pour l’autisme.