Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

L’Université du Queensland développe du sang cultivé en laboratoire

Des chercheurs de l'Université du Queensland et du service Australian Red Cross Lifeblood développent un projet de quatre ans d'une valeur de 2,5 millions de dollars pour produire…

L'Université du Queensland développe du sang cultivé en laboratoire

Des chercheurs de l’Université du Queensland et du service Australian Red Cross Lifeblood développent un projet de quatre ans d’une valeur de 2,5 millions de dollars pour produire du sang cultivé en laboratoire à grande échelle et à moindre coût, offrant un espoir crucial aux patients dotés de groupes sanguins extrêmement rares.

Pour une poignée d’Australiens, trouver une correspondance sanguine compatible est un défi permanent qui peut s’avérer vital. Un partenariat de recherche d’une valeur de 2,5 millions de dollars sur quatre ans cherche à transformer la fabrication de produits sanguins de niche, selon des informations publiées par l’Université du Queensland. L’initiative rassemble l’institution universitaire, l’Australian Red Cross Lifeblood et la coopérative de recherche SMART CRC pour surmonter les obstacles financiers et techniques de la production cellulaire.

Le défi quotidien des porteurs de groupes sanguins ultra-rares en Australie

Joe Fa’agase fait partie d’un groupe extrêmement restreint de personnes possédant un profil sanguin particulier. Âgé de 32 ans et résident de Logan, au sud de Brisbane, il partage avec ses trois frères un groupe sanguin extrêmement rare connu sous le nom de Jk null, ou Jk(a-b-). Moins de 1 per cent de la communauté insulaire du Pacifique présente cette particularité, et seulement 14 donneurs recensés en Australie possèdent ce profil.

L'Université du Queensland développe du sang cultivé en laboratoire
Photo : news.uq.edu.au

La famille a découvert cette rareté il y a quelques années seulement, lors de l’hospitalisation de leur tante Noa Fa’agase, qui nécessitait des transfusions régulières. À cette époque, Lifeblood ne disposait d’aucun stock de ce groupe, ce qui a déclenché un appel national urgent. Joe Fa’agase se rappelle : Alors que nous faisions des tests, ils cherchaient en réalité à obtenir le sang d’Hawaï, selon les informations relayées par 9News.

Actuellement, trois unités de son sang sont conservées dans une banque spécialisée à Sydney pour parer à toute urgence, obligeant les frères à se tourner les uns vers les autres en cas d’accident. Joe Fa’agase a déclaré : Je suis l’un des 14 en Australie à avoir un groupe sanguin rare, le JK null [alias Jk(a-b-)], cité par le média. Une situation qui génère une anxiété permanente pour la famille.

Australian researchers want to increase lab-grown blood production | ABC NEWS

Un autre cas similaire concerne Bhabisara Gharti Magar, une jeune mère résidant à Banya dans le Queensland, porteuse d’un sous-groupe du groupe sanguin Bombay appelé Para-Bombay, ainsi que le rapporte The Sydney Morning Herald. Durant sa grossesse, les médecins l’ont incitée à constituer ses propres réserves par don autologue pour parer à tout risque d’hémorragie lors de l’accouchement.

Les obstacles économiques et techniques de la production en laboratoire

Bien que les scientifiques de Lifeblood soient déjà capables de cultiver des globules rouges fonctionnels à partir de cellules souches de donneurs à des fins de recherche, le procédé actuel demeure lourd et onéreux. Il faut actuellement compter trois semaines pour obtenir à peine quelques cuillères à café de cellules, pour un coût supérieur à 70 000 dollars, d’après les données techniques rapportées par The Sydney Morning Herald.

The Sydney Morning Herald logo
Photo : SMH.com.au

Le Dr Mark Allenby, ingénieur biomédical à l’Université du Queensland, a indiqué selon The Sydney Morning Herald que l’augmentation des échelles de production et la baisse des coûts nécessitent une optimisation considérable des procédés.

Cette contrainte d’échelle élève le coût de fabrication d’une seule poche de sang de laboratoire à environ un million de dollars. Pour rendre cette alternative viable, les ingénieurs estiment indispensable de multiplier par dix ou cent l’efficacité des procédés de culture tout en réduisant les dépenses en nutriments et en réactifs complexes.

L'Université du Queensland développe du sang cultivé en laboratoire
Photo : NINE

Le partenariat de recherche et la stratégie de fabrication du SMART CRC

Le projet de 2,5 millions de dollars, soutenu par le SMART CRC, vise précisément à réingénierer ces processus de fabrication pour abaisser les coûts de production. Le professeur Simon Cool, directeur général de Smart CRC, a souligné l’objectif de cette collaboration industrielle et scientifique selon 9News : Si nous pouvons fabriquer des traitements pour les habitants en Australie, nous pourrons alors les acheminer vers ces patients de manière accélérée, a-t-il indiqué.

Du côté de Lifeblood, la chercheuse Dr Becky Griffiths rappelle que la culture cellulaire ne se substituera pas aux dons de sang traditionnels, qui restent essentiels. Cependant, elle offrira une bouffée d’oxygène pour les patients aux profils introuvables et pour les nouveau-nés nécessitant des transfusions néonatales hautement spécifiques. L’experte rappelle également que l’Australie s’appuie sur des protocoles initialement développés au Royaume-Uni, pays où elle a elle-même contribué à concevoir les bases des premiers essais cliniques humains portant sur ce type de produits.

Paramètre actuel Données rapportées
Durée de production (petites quantités) Trois semaines pour quelques cuillères à café
Coût unitaire estimé d’une poche Environ 1 million de dollars
Donateurs avec le profil Jk null en Australie 14 personnes recensées
Taux de don de sang dans la population Fewer than 3 per cent

Perspectives thérapeutiques et calendrier des essais cliniques

Les chercheurs estiment qu’un horizon de quatre à cinq années sera nécessaire pour atteindre des volumes suffisants à un coût raisonnable, ouvrant ainsi la voie à de futurs essais sur l’homme. Le Dr Mark Allenby insiste sur le fait que l’amélioration des techniques de bioréacteurs et de structuration des cultures profitera également à d’autres secteurs des thérapies cellulaires, telles que les immunothérapies et les traitements par cellules souches.

En attendant l’aboutissement de ces travaux de recherche, les autorités sanitaires continuent d’insister sur la nécessité absolue d’élargir le bassin de donneurs bénévoles, en particulier au sein des communautés issues de la diversité culturelle et ethnique, afin de garantir la sécurité des réserves nationales de sang.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.