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Étude | Les traitements contre le cancer font vieillir les jeunes prématurément

Les traitements contre le cancer, bien que vitaux, pourraient avoir un impact à long terme sur le développement cognitif des jeunes patients. Une étude américaine révèle que les adolescents et jeunes adultes ayant survécu à un cancer présentent…

Étude | Les traitements contre le cancer font vieillir les jeunes prématurément

Les traitements contre le cancer, bien que vitaux, pourraient avoir un impact à long terme sur le développement cognitif des jeunes patients. Une étude américaine révèle que les adolescents et jeunes adultes ayant survécu à un cancer présentent des signes de vieillissement cérébral accéléré, affectant notamment la mémoire et l’attention.

L’étude, publiée dans la revue Communications Nature, a porté sur près de 1 500 survivants, pour la plupart atteints d’une leucémie lymphoblastique aiguë ou d’un lymphome de Hodgkin, en rémission depuis au moins cinq ans. Les analyses génétiques ont démontré que ces survivants affichent un vieillissement cellulaire plus rapide, quel que soit le traitement reçu, même ceux qui ne ciblaient pas directement le cerveau.

La chimiothérapie semble être le traitement le plus associé à cette accélération du vieillissement, en raison de sa capacité à modifier la structure de l’ADN et à endommager les tissus et les cellules. « On sait que les chimiothérapies ou la radiation vont changer le contexte inflammatoire du système immunitaire et altérer aussi directement les cellules du corps », explique Hélène Decaluwe, chercheuse au CHU Sainte-Justine, spécialisée dans le vieillissement des cellules immunitaires.

Ce vieillissement cellulaire prématuré se traduit par des difficultés cognitives qui peuvent entraver la poursuite des études, l’entrée sur le marché du travail ou la construction d’une vie familiale, selon les auteurs de l’étude. Ils observent que les survivants présentent souvent des résultats scolaires et professionnels moins favorables que leurs pairs.

Les chercheurs ont utilisé une « horloge épigénétique » pour mesurer l’âge biologique des cellules, en le comparant à l’âge chronologique des participants. « Ça démontre qu’il y a vraiment une association entre cette accélération de l’âge chronologique, qui devient en fait un âge épigénétique, et les impacts cognitifs sur le développement puis les performances cognitives à long terme et donc le risque d’avoir plus de difficultés au niveau cognitif en vieillissant », précise Mme Decaluwe.

Cependant, l’étude apporte également un message d’espoir. L’adoption d’un mode de vie sain – arrêt du tabac, activité physique régulière, alimentation équilibrée – peut atténuer, voire inverser, ces effets néfastes. « Ça avait déjà été démontré que les enfants qui ont déjà eu un cancer durant l’enfance ou l’adolescence vont […] avoir une fréquence de maladies cardiovasculaires plus élevée ou vont avoir, par exemple, une prise de poids accélérée ou certains marqueurs de santé qui étaient altérés ou qui étaient moins performants qu’un groupe du même âge, mais qui n’aurait pas eu ce cancer en jeune âge », rappelle Mme Decaluwe.

À ce stade, les hémato-oncologues ajustent déjà l’intensité des traitements en fonction de la gravité du cancer et de l’état de l’enfant, afin de minimiser les séquelles à long terme. Les résultats de cette nouvelle étude pourraient permettre, à terme, d’identifier les enfants les plus à risque et de mettre en place un suivi plus personnalisé.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.