Publié le 13 janvier 2026 à 23h21. L’ancien président américain Donald Trump a annoncé la fin de l’aide pétrolière et financière américaine à Cuba, suite à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, et met La Havane en garde contre un avenir incertain.
- Donald Trump a annoncé la fin de l’aide pétrolière et financière des États-Unis à Cuba.
- Cette décision intervient après une opération américaine ayant mené à la capture de Nicolás Maduro, au Venezuela.
- Cuba pourrait devoir compter sur le Mexique et la Russie pour compenser la perte de pétrole vénézuélien.
Donald Trump a annoncé de manière abrupte la fin du soutien énergétique et financier américain à Cuba, via son réseau social Truth Social. Dans un message en majuscules, il a déclaré :
« Il n’y aura plus de pétrole ni d’argent (du Venezuela) pour Cuba – zéro. Je leur suggère (Cuba) de parvenir à un accord AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD. »
Donald Trump
Cette annonce intervient huit jours après la capture de Nicolás Maduro, le président vénézuélien, lors d’une opération impliquant des frappes sur le territoire vénézuélien, qui aurait fait au moins 100 morts, dont 32 membres des forces de sécurité cubaines chargées de protéger Maduro.
Le Venezuela fournissait à Cuba en moyenne 27 000 barils de pétrole par jour en 2025, alors que les besoins énergétiques de l’île sont estimés entre 110 000 et 120 000 barils par jour. La différence était jusqu’à présent compensée par des accords avec le Mexique et la Russie. Historiquement, ces livraisons de pétrole vénézuélien étaient basées sur une coopération politique étroite entre les deux gouvernements, incluant une assistance énergétique sans contrepartie commerciale directe en échange de services de médecins et de personnel de sécurité cubains au Venezuela, ainsi que dans d’autres domaines.
Trump a également republié un message d’un utilisateur du réseau social X suggérant que le sénateur Marco Rubio pourrait devenir le prochain président de Cuba, ajoutant le commentaire : « Ça me semble bien ! ». En réponse, le président cubain Miguel Díaz-Canel a affirmé :
« Cuba est une nation libre, indépendante et souveraine. Personne ne nous dit quoi faire. »
Miguel Díaz-Canel
Il a également déclaré que l’île « se préparait » et était « prête à défendre la patrie jusqu’à la dernière goutte de sang ».
Juan Álvarez, ancien ambassadeur du Pérou à Cuba sous le régime de Fidel Castro, interprète les déclarations de Trump comme un signal clair que La Havane est désormais considérée comme une cible stratégique par Washington. Il estime que Trump pourrait chercher à « répéter le schéma » appliqué au Venezuela si Cuba ne modifie pas sa politique de manière significative.
Selon Álvarez, la situation intérieure à Cuba est actuellement la plus grave de toute l’histoire du système communiste, surpassant même les difficultés des décennies précédentes. Il souligne que la crise économique et sociale s’est aggravée, exacerbée par la perte de l’approvisionnement en pétrole vénézuélien, qui arrivait à des conditions préférentielles depuis l’époque de Hugo Chávez.
Trump a justifié sa décision en affirmant que Cuba a survécu pendant des années grâce au pétrole et à l’argent du Venezuela en échange de « services de sécurité » pour les deux derniers dirigeants vénézuéliens, mais que « c’est terminé ». Il a ajouté que la plupart des Cubains impliqués dans la sécurité de Maduro sont morts lors de l’attaque américaine de la semaine dernière, et que le Venezuela n’a plus besoin de cette protection.
Le politologue vénézuélien Luis Nunes met en garde contre une interprétation trop simpliste des menaces de Trump, soulignant que la situation cubaine est différente de celle du Venezuela. Il estime que Cuba est un atout stratégique pour la Russie, qui ne permettra probablement pas à Washington d’agir unilatéralement contre l’île. Nunes reconnaît qu’il existe un plan pour affaiblir Cuba par un blocus énergétique, mais souligne que le plus grand risque pour le régime cubain provient de l’usure interne et du désespoir social croissant.
Nunes conclut que Cuba dispose d’options limitées : une ouverture négociée avec les États-Unis, un renforcement de son alignement avec la Russie, ou une tentative de gagner du temps. Il souligne que la coordination entre Washington et Moscou sera essentielle, et qu’une action américaine sans consultation préalable avec la Russie pourrait avoir des conséquences imprévisibles.
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