Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a averti le lundi 7 septembre 2026 à Genève que l’intelligence artificielle avancée fait courir un risque existentiel à l’humanité. Il exhorte les États et les entreprises à imposer d’urgence des garde-fous communs avant qu’il ne soit trop tard.
L’alerte est tombée depuis Genève, à quelques semaines seulement de l’ouverture du second mandat de Volker Türk à la tête des droits de l’Homme de l’ONU. Le haut responsable onusien a souligné que le développement technologique a atteint un stade critique, pointant du doigt une concentration extrême des ressources entre les mains d’un nombre restreint d’acteurs.
L’avertissement de Volker Türk sur le pouvoir technologique
Devant le Conseil des droits de l’Homme, le chef des droits de l’Homme de l’ONU a partagé les craintes formulées par plusieurs spécialistes du domaine. Selon son intervention, l’essor des systèmes intelligents sophistiqués menace directement l’avenir de nos sociétés.
« Je partage les inquiétudes des experts du secteur selon lesquelles une IA avancée pourrait représenter un risque existentiel pour l’humanité »
Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU
Sans nommer directement des sociétés ou des dirigeants précis, le représentant de l’organisation internationale a mis en garde contre une emprise quasi illimitée exercée par une poignée d’individus sur les orientations de cette filière. Face à ce déséquilibre, il réclame un plan d’action collectif pour sanctuariser la sécurité publique.
« Je lance ici, aujourd’hui, un appel à un effort sans réserve pour mettre en place des garanties à toute épreuve concernant la sûreté et la sécurité de l’IA, avant qu’il ne soit trop tard »
Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU
Pour parer au pire, les pays qui hébergent ces innovations et ceux qui alimentent les chaînes d’approvisionnement doivent d’urgence s’entendre sur un socle minimal de règles partagées et fixer des lignes rouges communes.
Les antécédents réglementaires et le spectre des systèmes militaires autonomes
Cette mobilisation institutionnelle s’inscrit dans la continuité des prises de parole observées dès 2023, à l’instar des mises en garde formulées par Sam Altman, directeur général d’OpenAI (ChatGPT), au sujet des dangers d’extinction potentiels. C’est en juillet, sous l’égide des Nations unies, qu’a eu lieu le tout premier sommet mondial portant sur l’encadrement de l’IA, initié par les instances internationales.

Ce rassemblement a permis de réunir des industriels et des délégués gouvernementaux autour de projets de régulation commune, même si aucun accord ayant valeur d’obligation n’a pu être conclu pour le moment.
Comme l’a rappelé Joshua Bengio, collègue de l’Université de Montréal, le développement de l’intelligence artificielle a atteint une phase critique et tous les gouvernements devraient agir de concert pour éviter une perte de contrôle aux conséquences potentiellement apocalyptiques. Selon des informations publiées dans les médias, l’administration Trump aurait par ailleurs conclu un accord tacite avec la Russie afin que la régulation de l’IA exclue toute mesure restrictive sur l’autonomie des armements, ouvrant ainsi la voie à des machines programmées pour éliminer des êtres vivants sans aucune validation humaine.