Home MondeSouris des bois : examinateurs attentifs ou attrapeurs rapides de noix

Souris des bois : examinateurs attentifs ou attrapeurs rapides de noix

by Clara Dubois

Publié le 14 janvier 2026 01:25:00. Des chercheurs japonais ont observé que les souris des bois adoptent des stratégies radicalement différentes pour choisir leurs châtaignes, certaines prenant le temps de les inspecter minutieusement tandis que d’autres se contentent de saisir la première venue, un comportement qui pourrait avoir des implications sur leur survie et l’écosystème forestier.

  • Une étude de l’Université de Nagoya révèle que les souris des bois se partagent équitablement entre deux approches : une inspection olfactive rigoureuse des châtaignes et une sélection rapide basée sur la proximité.
  • Les souris qui prennent le temps d’examiner les châtaignes sont plus susceptibles de choisir des fruits sains, mais s’exposent davantage aux prédateurs.
  • Malgré les dommages causés par les larves de papillons nocturnes, la plupart des châtaignes, même endommagées, sont consommées par les souris.

Pendant deux ans, une équipe de l’École supérieure des sciences bioagricoles de l’Université de Nagoya a suivi le comportement de souris des bois (Apodemus speciosus et Apodemus argenteus) dans leur habitat naturel. Les chercheurs ont installé des postes d’alimentation contenant des châtaignes saines et endommagées, équipés de caméras de surveillance pour enregistrer les choix des rongeurs.

Les observations ont révélé une répartition surprenante : environ 50 % des souris passaient en moyenne cinq secondes à renifler et à manipuler les châtaignes avant de faire leur choix, tandis que l’autre moitié s’empressait de saisir la noix la plus proche en une à deux secondes. Cette divergence de comportement a interpellé les scientifiques, car elle implique un compromis entre la recherche de nourriture de qualité et la minimisation des risques liés à la présence de prédateurs tels que les hiboux et les martres.

L’analyse de 100 châtaignes endommagées a montré que les larves de mites n’avaient consommé en moyenne que 0 à 40 % du contenu, laissant une part importante intacte. De plus, 90 % des châtaignes endommagées présentaient une décoloration interne et 40 % contenaient des excréments de larves, ce qui suggère que les souris sont capables de détecter les signes de détérioration grâce à leur odorat.

« Nous avons constaté que la qualité de la nourriture est suffisamment importante pour que les souris prennent des risques »,

Hisashi Kajimura, professeur et auteur principal de l’étude, École supérieure des sciences bioagricoles de l’Université de Nagoya.

Les chercheurs soulignent que ce comportement pourrait avoir des conséquences sur la dynamique forestière, car les choix alimentaires des souris influencent la dispersion des graines de châtaignes et la composition des arbres. Comprendre comment les animaux équilibrent leurs besoins nutritionnels et leur sécurité est donc essentiel pour prédire les changements dans les écosystèmes.

L’étude, publiée dans Scientific Reports, ouvre de nouvelles perspectives sur la prise de décision chez les animaux et pourrait même éclairer les comportements humains.

« C’est une question très pertinente : faut-il investir du temps pour faire de meilleurs choix ou agir rapidement pour minimiser ses risques ? »

Hisashi Kajimura, professeur et auteur principal de l’étude, École supérieure des sciences bioagricoles de l’Université de Nagoya.

Les souris, qui se nourrissent principalement la nuit, semblent donc s’appuyer fortement sur leur odorat pour évaluer la qualité des châtaignes, une adaptation qui pourrait être liée à leur mode de vie nocturne. Même si les châtaignes endommagées restent une source de nourriture précieuse, les souris semblent capables de distinguer les fruits les plus sains grâce à leur flair.

Pour en savoir plus sur l’École supérieure des sciences bioagricoles de l’Université de Nagoya, consultez leur site web.

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