Publié le 14 janvier 2026 à 04h34. L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans le domaine de la santé, avec l’arrivée imminente de ChatGPT Santé d’OpenAI. Si cette nouvelle offre suscite l’enthousiasme pour un accès potentiellement facilité aux soins, elle soulève également des questions cruciales concernant la confidentialité des données et la fiabilité des informations médicales.
- OpenAI lancera prochainement ChatGPT Santé, un chatbot dédié aux questions de santé, avec des garanties de confidentialité renforcées.
- Des professionnels de la santé soulignent le risque d’erreurs médicales induites par l’IA, comme l’a constaté le Dr Sina Bari avec un de ses patients.
- L’automatisation des tâches administratives pour les médecins, via l’IA, pourrait améliorer l’accès aux soins et réduire la pression sur le système de santé.
L’intégration de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé prend une nouvelle dimension avec l’annonce d’OpenAI. La semaine dernière, l’entreprise a dévoilé ChatGPT Santé, un chatbot conçu pour répondre aux questions des utilisateurs concernant leur santé, dans un environnement plus sécurisé. Selon OpenAI, plus de 230 millions de personnes utilisent déjà ChatGPT chaque semaine pour s’informer sur des sujets liés à leur santé.
Cette initiative intervient alors que l’IA est de plus en plus utilisée par les patients pour obtenir des conseils médicaux. Le Dr Sina Bari, chirurgienne et responsable des soins de santé basés sur l’IA chez Immerger, a pu constater de visu les dangers potentiels de ces outils.
« J’ai récemment reçu un patient qui, après avoir consulté ChatGPT, m’a présenté un dialogue indiquant que le médicament que je lui avais prescrit avait 45 % de chances de provoquer une embolie pulmonaire. »
Dr Sina Bari, chirurgienne et responsable des soins de santé basés sur l’IA chez Immerger
Après vérification, le Dr Bari a découvert que cette statistique provenait d’une étude portant sur l’impact du médicament sur un groupe spécifique de patients atteints de tuberculose, et n’était donc pas applicable au cas de son patient. Malgré cet exemple, le Dr Bari se montre optimiste quant à l’arrivée de ChatGPT Santé.
« Je pense que c’est une excellente chose. C’est une pratique qui se développe déjà, il est donc important de la formaliser pour protéger les informations des patients et mettre en place des garanties. Cela rendra l’outil encore plus puissant pour les patients. »
Dr Sina Bari, chirurgienne et responsable des soins de santé basés sur l’IA chez Immerger
ChatGPT Santé permettra aux utilisateurs de télécharger leurs dossiers médicaux et de les synchroniser avec des applications telles qu’Apple Health et MyFitnessPal, afin d’obtenir des conseils plus personnalisés. Cette fonctionnalité soulève toutefois des inquiétudes en matière de sécurité des données. Itai Schwartz, cofondateur de la société de prévention des pertes de données MIND, met en garde contre le transfert de données médicales sensibles vers des fournisseurs non conformes à la loi HIPAA.
« Tout d’un coup, des données médicales sont transférées d’organisations respectant la loi HIPAA vers des fournisseurs qui ne le sont pas. Je suis donc curieux de voir comment les autorités de régulation aborderont cette question. »
Itai Schwartz, cofondateur de MIND
Parallèlement à l’initiative d’OpenAI, Anthropique a également annoncé cette semaine Claude pour la Santé, un outil destiné à réduire le temps consacré aux tâches administratives fastidieuses, comme les demandes d’autorisation préalable aux assureurs. Mike Krieger, CPO d’Anthropique, a souligné lors d’une présentation à la Conférence sur les soins de santé JP Morgan le potentiel de gains de temps considérables pour les professionnels de santé.
Pour le Dr Nigam Shah, professeur de médecine à Stanford et scientifique en chef des données pour Stanford Health Care, l’urgence est ailleurs : l’accès aux soins pour les patients américains. Il souligne que les délais d’attente pour consulter un médecin généraliste peuvent atteindre trois à six mois.
« Si votre choix est d’attendre six mois pour voir un vrai médecin, ou de parler à quelqu’un qui n’est pas un médecin mais qui peut faire certaines choses pour vous, lequel choisiriez-vous ? »
Dr Nigam Shah, professeur de médecine à Stanford et scientifique en chef des données pour Stanford Health Care
Le Dr Shah estime qu’une approche plus efficace consiste à intégrer l’IA directement dans les systèmes de santé, en aidant les médecins à gérer leur charge administrative. Les études montrent que les tâches administratives peuvent accaparer jusqu’à la moitié du temps d’un médecin généraliste, réduisant ainsi le nombre de patients qu’il peut prendre en charge. Son équipe à Stanford développe actuellement ChatDSE, un logiciel intégré au dossier médical électronique (DME) pour faciliter l’accès aux informations pertinentes et optimiser le temps des cliniciens.
L’arrivée de l’IA dans le domaine de la santé soulève une tension inhérente entre les objectifs des professionnels de santé, axés sur le bien-être des patients, et les impératifs économiques des entreprises technologiques. Le Dr Bari souligne l’importance d’une approche prudente et critique.
« Je pense que cette tension est importante. Les patients comptent sur nous pour être sceptiques et conservateurs afin de les protéger. »
Dr Sina Bari, chirurgienne et responsable des soins de santé basés sur l’IA chez Immerger
Les chatbots IA présentent un problème récurrent avec les hallucinations, un risque particulièrement préoccupant dans le domaine médical. Selon le Modèle d’évaluation de la cohérence factuelle de Vectara, le GPT-5 d’OpenAI est plus sujet aux hallucinations que de nombreux modèles de Google et Anthropic.
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