Publié le 14 janvier 2026 à 07h57. Le conglomérat de grands magasins de luxe Saks Global a annoncé son dépôt de bilan aux États-Unis, une décision qui intervient moins d’un an après une fusion ambitieuse et soulève des interrogations sur l’avenir du commerce de détail haut de gamme.
- Saks Global a déposé une demande de mise en faillite après avoir conclu un accord de financement de 1,75 milliard de dollars (environ 1,5 milliard d’euros).
- Geoffroy van Raemdonck, ancien PDG de Neiman Marcus, prend la direction de Saks Global, remplaçant Richard Baker.
- L’entreprise estime ses actifs et ses passifs entre 1 et 10 milliards de dollars (environ 900 millions à 9 milliards d’euros).
L’annonce du dépôt de bilan de Saks Global marque un tournant pour le secteur du luxe aux États-Unis. Le groupe, qui regroupe les enseignes Saks Fifth Avenue, Bergdorf Goodman et Neiman Marcus, a été fragilisé par l’endettement résultant d’une acquisition récente et par les mutations du marché, notamment la montée en puissance du commerce en ligne.
La procédure de faillite permettra à Saks Global de renégocier sa dette avec ses créanciers ou de trouver un nouveau propriétaire. À défaut, une liquidation pourrait être envisagée. Malgré cette situation difficile, l’entreprise assure que ses magasins resteront ouverts dans l’immédiat.
Geoffroy van Raemdonck, fort de son expérience chez Neiman Marcus, a été nommé nouveau PDG. Il succède à Richard Baker, l’architecte de la stratégie d’acquisition qui a conduit Saks Global à son état actuel. Darcy Penick et Lana Todorovich, également issues de Neiman Marcus, rejoignent également l’équipe dirigeante de Saks Global, respectivement en tant que directrice commerciale et responsable des partenariats mondiaux de marque.
Selon les documents déposés auprès du tribunal américain des faillites de Houston, au Texas, les actifs et les passifs de Saks Global sont estimés entre 1 et 10 milliards de dollars. L’entreprise compte entre 10 001 et 25 000 créanciers.
L’opération qui a donné naissance à Saks Global, en 2024, avait pour ambition de créer un géant du luxe en regroupant trois enseignes emblématiques de la haute couture américaine. Cette acquisition, d’un montant de 2,7 milliards de dollars (environ 2,4 milliards d’euros), reposait sur un financement important, notamment auprès d’investisseurs tels qu’Amazon, Salesforce et Authentic Brands.
Cependant, l’endettement élevé de Saks Global s’est avéré problématique dans un contexte de ralentissement des ventes mondiales de produits de luxe. L’entreprise a également rencontré des difficultés à payer ses fournisseurs, ce qui a entraîné des ruptures de stock et une perte de compétitivité face à des concurrents comme Bloomingdale’s, qui a enregistré de solides performances en 2025.
« Les riches achètent encore, mais pas tellement chez Saks. »
David Swartz, analyste chez Morningstar
Pour faire face à ses difficultés financières, Saks Global a récemment vendu les biens immobiliers du magasin phare Neiman Marcus de Beverly Hills pour un montant non divulgué. Le groupe étudiait également la possibilité de céder une participation minoritaire dans Bergdorf Goodman.
Le 30 décembre dernier, Saks Global n’a pas pu honorer ses obligations d’intérêts, représentant plus de 100 millions de dollars (environ 90 millions d’euros) envers ses obligataires. Le nouvel accord de financement prévoit une injection immédiate de liquidités d’un milliard de dollars (environ 900 millions d’euros) via un prêt de débiteur-exploitant, mené par Pentwater Capital Management et Bracebridge Capital. Un financement supplémentaire de 240 millions de dollars (environ 215 millions d’euros) sera disponible via un prêt adossé à des actifs. Enfin, Saks Global pourra accéder à 500 millions de dollars (environ 450 millions d’euros) une fois sortie de la protection contre les faillites, prévue plus tard cette année.
Parmi les créanciers non garantis de Saks Global figurent des géants du luxe tels que Kering, propriétaire de Chanel et de Gucci, avec environ 136 millions de dollars (environ 122 millions d’euros) de créances, et LVMH, avec 26 millions de dollars (environ 23 millions d’euros).
