Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

La réserve des fonds en euros de l’assurance-vie atteint 3,7 % de l’épargne en 2025

La réserve des fonds en euros de l'assurance-vie a atteint 3,7 % de l'épargne fin 2025, selon les données de marché publiées en octobre 2026.

La réserve des fonds en euros de l'assurance-vie atteint 3,7 % de l'épargne en 2025

La réserve des fonds en euros de l’assurance-vie a atteint 3,7 % de l’épargne fin 2025, selon les données de marché publiées en octobre 2026.

Le coussin de sécurité qui protège l’épargne en fonds euros s’effrite. Cette cagnotte rassemble les gains déjà réalisés sur les fonds euros mais non encore crédités sur les contrats, que la loi oblige les assureurs à redistribuer dans un délai maximal de 8 ans.

Rapporté à l’épargne qu’il protège, ce matelas financier se lit plus facilement en durée qu’en milliards. Calculé au rendement moyen de 2,6 %, il représente environ 17 mois d’intérêts d’avance, contre 18 mois un an plus tôt.

Une baisse de 2,2 milliards d’euros malgré des encours en hausse

Ce recul ne découle pas d’une désaffection des épargnants pour ce support sécurisé.

La réserve des fonds en euros de l’assurance-vie atteint 3,7 % de l’épargne en 2025

Cette diminution s’explique par la politique de distribution des assureurs. Une réserve baisse lorsque l’organisme redistribue davantage qu’il n’y met de côté. En 2025, les compagnies ont puisé dans leurs provisions tout en maintenant un taux moyen de 2,6 %, identique à celui de l’année précédente. Leurs portefeuilles demeurent par ailleurs pénalisés par des obligations achetées pendant la décennie des taux bas, qui continuent de rapporter peu.

L’impact concret sur l’épargne des particuliers

Puisque la réserve n’est pas individualisée — aucun euro n’y est inscrit au nom de l’assuré —, les données s’apprécient à travers des moyennes de marché. Concrètement, pour 10 000 € placés en fonds euros, la réserve moyenne adossée s’élevait à 373 € fin 2025, contre 398 € fin 2024. Pour un capital de 30 000 €, la réserve correspondante atteint environ 1 119 €, à comparer aux 780 € d’intérêts servis en 2025 au taux moyen de 2,6 % (avant prélèvements sociaux).

Ce stock permet à un assureur de maintenir sa rémunération lors d’exercices où ses placements rapportent moins. Toutefois, la moyenne de 3,7 % dissimule de fortes disparités d’un établissement à l’autre. La situation de chaque compagnie se consulte dans ses comptes annuels et son rapport sur la solvabilité publiés sur son site internet. Une réserve nettement supérieure à la moyenne offre à l’assureur une marge pour soutenir ses taux sur plusieurs années, tandis qu’un coussin plus faible conjugué à un taux élevé traduit un contrat qui distribue l’intégralité de ses gains sans filet de sécurité pour les exercices difficiles.

Le rôle du Livret A et les perspectives du marché

Le contexte réglementaire et concurrentiel pèse directement sur ces choix de gestion. Fixé à 1,7 % depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A demeure inférieur au rendement moyen des fonds euros. Maintenir cet écart constitue un argument commercial de premier plan pour les assureurs, qui cherchent à capter les flux d’épargne.

Trois forces principales influencent désormais le niveau futur de la réserve :

  • L’arrivée progressive d’obligations récentes, mieux rémunérées, qui augmentent les revenus des fonds et permettent de regarnir les provisions.
  • L’afflux de versements nouveaux qui diluent mécaniquement la réserve : 118,1 milliards d’euros ont ainsi été versés sur les fonds euros en 2025 sans cagnotte attachée.
  • La concurrence acharnée sur les taux, qui pousse à distribuer plutôt qu’à épargner, en particulier pour les contrats dynamiques en phase de recrutement de clients.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.