Publié le 14 janvier 2026 10h31. La traque s’intensifie pour un touriste américain soupçonné d’exploitation sexuelle de mineurs à Medellín, qui a changé d’identité pour échapper aux autorités. Cette affaire met en lumière un réseau transnational d’agresseurs ciblant les jeunes dans la ville.
- Un Américain recherché pour exploitation sexuelle de mineurs à Medellín a modifié son identité.
- Les autorités colombiennes et américaines collaborent pour démanteler un réseau d’au moins 14 étrangers impliqués dans ces crimes.
- Plus de 130 arrestations ont été effectuées et des établissements ont été fermés dans le cadre d’une lutte accrue contre l’exploitation sexuelle infantile.
L’alerte a été donnée par le maire de Medellín, Federico Gutiérrez, qui a souligné la pression croissante exercée sur les individus impliqués dans l’exploitation sexuelle des enfants dans la ville. Dans son dernier rapport comptable sur les opérations menées à cet effet, il a précisé que les forces de l’ordre se rapprochent de Timothy Alan Livingston, un citoyen américain recherché depuis deux ans.
Selon les informations disponibles, Livingston a changé de nom dans une tentative de dissimuler sa véritable identité et d’échapper à la justice. Gutiérrez a averti que cette stratégie ne suffira pas à le protéger.
« Timothy Alan Livingston, qui a changé de nom, va tomber dans les mois à venir, car dans ce cas, nous et les autorités américaines sommes toujours en tête. Ils croient qu’en changeant de nom, ces actes contre nos garçons et nos filles resteront impunis. Nous les poursuivons tous. »
Federico Gutiérrez, maire de Medellín
L’enquête sur Livingston a permis de révéler l’existence d’un réseau d’au moins 14 étrangers qui se coordonnaient via Internet pour se rendre à Medellín et exploiter sexuellement des enfants. Ce réseau entretenait des liens avec des proxénètes locaux, qui organisaient des rencontres en échange d’argent et d’autres avantages.
L’affaire de Stefan Andrés Correa, un autre citoyen américain condamné à la prison à vie aux États-Unis pour abus systématiques sur mineurs à Medellín, est directement liée à cette enquête. Sa condamnation a été rendue possible grâce à un faisceau de preuves accablantes, comprenant plus de 100 vidéos, des milliers de photos et de messages, témoignant de plus de cinquante victimes. Correa a finalement plaidé coupable pour obtenir une peine moins sévère.
Au cours de l’année écoulée, six étrangers ont été arrêtés à Medellín pour exploitation sexuelle de mineurs (Escnna). Par ailleurs, 131 arrestations ont été effectuées par l’Escnna, 62 citoyens étrangers ont été interdits de territoire grâce au système Angel Watch (soit une augmentation de 52 % par rapport à 2024), l’activité commerciale de plus de 60 établissements a été suspendue et plus de 40 résidences touristiques ont fait l’objet d’interventions.
D’autres affaires notables ont été recensées en 2024, notamment celles de Mohammad Anasweh, condamné à 21 ans de prison par un tribunal de Floride ; d’Ally Correa, arrêté le 29 août ; de Cristóbal Fernández Viamonte, extradé vers le Mexique le 21 mars ; de Stephen Paul Mueller, arrêté à Medellín le 15 septembre ; d’Iván Lozano Hernández, recherché par Interpol avec une notice rouge et en attente d’extradition ; de Richard Gilbert Touret, arrêté le 20 juin ; et de Michael J. Inofuentes, reconnu coupable par un jury fédéral américain d’abus sur mineurs en septembre dernier.
Les enquêtes ont également conduit à l’arrestation et à la condamnation de personnes colombiennes impliquées dans ce réseau, comme une certaine « Lili », cousine d’une des victimes de Correa, qui aurait agi comme proxénète, recevant de l’argent, organisant des rencontres et exerçant des pressions sur les jeunes filles pour qu’elles se soumettent à l’exploitation. Lili a été condamnée à 21 ans et deux mois de prison pour proxénétisme sur mineur et relations sexuelles abusives aggravées avec un mineur de moins de 14 ans, une décision actuellement contestée devant la Chambre pénale du Tribunal supérieur de Medellín.
Au-delà de l’arrestation de Livingston, les autorités s’engagent à traduire devant la justice tous les individus impliqués dans ces affaires. Gutiérrez a affirmé que l’objectif est d’éradiquer complètement l’exploitation sexuelle, et non de se contenter d’une réduction de 60, 70 ou 80 %.
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