Home AffairesLe revirement pour Oliwia et Robert – trouver un emploi : “Plus sûr”

Le revirement pour Oliwia et Robert – trouver un emploi : “Plus sûr”

by Amélie Bernard

Publié le 15 janvier 2026 à 03h03. Après avoir été licenciés à quelques semaines de l’acquisition de leur poste permanent en raison d’une nouvelle réglementation, deux employés d’Alleima ont été rappelés juste avant Noël, une situation qui met en lumière les effets paradoxaux de la législation suédoise sur l’emploi.

  • Robert Lundin et Oliwia Liljebjörn ont été initialement licenciés en raison du gel des embauches chez Alleima et de l’application de la règle des 24 mois.
  • L’entreprise a finalement proposé de les réembaucher suite à l’achèvement d’une nouvelle machine et à la nécessité de former une nouvelle équipe.
  • Cette situation soulève des questions sur la protection des travailleurs temporaires et l’impact de la nouvelle réglementation sur le marché du travail.

L’automne dernier, Robert Lundin et Oliwia Liljebjörn ont vécu une situation particulièrement frustrante. Employés temporaires chez Alleima, une entreprise sidérurgique, ils avaient reçu des signaux encourageants quant à la possibilité d’obtenir un contrat à durée indéterminée. Pourtant, quelques semaines avant d’atteindre le seuil requis, ils ont été informés de la fin de leur mission. La raison ? Un gel des embauches combiné à l’application d’une nouvelle règle suédoise concernant les contrats de travail.

Cette nouvelle réglementation, destinée à offrir une plus grande sécurité aux travailleurs embauchés, stipule qu’ils ont droit à un emploi permanent après deux ans de service continu chez le même employeur. Ironiquement, pour Robert et Oliwia, l’effet a été inverse. L’entreprise, anticipant cette obligation, a préféré mettre fin à leurs contrats temporaires plutôt que de les transformer en postes permanents.

Robert Lundin explique :

« J’étais probablement naïf. Je me sentais en sécurité et apprécié, et je n’avais reçu aucun signal inquiétant. Même mes supérieurs immédiats ne semblaient pas avoir une maîtrise totale de la situation. »

Oliwia Liljebjörn et Robert Lundin travaillaient via Manpower chez Alleima depuis près de deux ans lorsque la nouvelle est tombée début octobre. Le responsable d’Alleima et le consultant de Manpower ont appris la décision le même jour, ce qui les a également pris par surprise. Le syndicat a tenté d’intervenir, mais s’est heurté à une difficulté de fond : Robert et Oliwia étaient couverts par la convention collective des entreprises de travail temporaire et non par celle d’Alleima, ce qui limitait les possibilités de négociation.

Oliwia a appris la nouvelle pendant ses congés.

« On m’a dit que je n’étais pas autorisée à revenir dans la région. C’était comme si j’avais commis un crime, alors que je n’avais rien fait de mal. »

La situation a été qualifiée d'”horrible” par Tomas Kärnström, président du club IF Metal d’Alleima, qui a toutefois souligné l’impuissance du syndicat au niveau local. Plus d’informations sur cette affaire.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. À la mi-décembre, une nouvelle machine a été installée dans l’un des départements d’Alleima, nécessitant la formation d’une nouvelle équipe. C’est alors que Robert a reçu un appel inattendu.

Oliwia raconte :

« Mon ancien responsable m’a contactée et m’a dit qu’il voulait que je revienne. Et ce n’est même pas dans le département où il y avait un besoin d’équipe supplémentaire, donc le responsable a dû se battre pour m’obtenir. »

Robert a également été recontacté juste avant Noël. Après un second entretien, il a reçu une offre d’emploi permanent chez Alleima.

« On m’a demandé si j’avais déjà trouvé un autre emploi. On m’a dit qu’ils étaient maintenant autorisés à m’embaucher. J’ai vérifié qu’il s’agissait bien d’un poste permanent et directement chez Alleima, et j’ai accepté. »

Bien que soulagés d’avoir retrouvé un emploi, Robert et Oliwia restent critiques envers une réglementation qui a mis leur situation professionnelle en suspens. Ils estiment qu’il devrait exister des exceptions en cas d’arrêt d’emploi pour protéger les travailleurs temporaires. Ils soulignent également l’importance de rester vigilants sur le marché du travail, même lorsque l’on se sent en sécurité.

Cette affaire illustre les complexités et les effets imprévus de la nouvelle législation suédoise sur l’emploi. Les entreprises compétentes s’inquiètent de la rotation inutile du personnel.

Oliwia Liljebjörn et Robert Lundin. Photo : Stéfan Estassy

Janna Ayres

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