Publié le 15 janvier 2026 à 05h57. Des chercheurs de l’EPFL ont mis au point un substitut végétal aux produits chimiques controversés présents dans les tickets de caisse, une innovation brevetée qui pourrait bientôt donner naissance à une start-up.
- Les tickets de caisse contiennent souvent des bisphénols, des perturbateurs endocriniens nocifs pour la santé.
- Malgré l’interdiction du bisphénol en Suisse depuis 2020, des traces persistent encore dans certains papiers thermiques.
- L’alternative développée par l’EPFL utilise de la lignine et des sucres végétaux, offrant une solution plus sûre et potentiellement économique.
De nombreux tickets de caisse contiennent encore des bisphénols – des substances toxiques reconnues comme perturbateurs endocriniens. Ces composés chimiques peuvent pénétrer dans l’organisme par simple contact cutané et sont associés à des problèmes de reproduction, entre autres. Ils servent notamment de révélateurs de couleur. Si le bisphénol S reste autorisé dans l’Union européenne pour les papiers thermiques, les bisphénols les plus dangereux sont interdits en Suisse depuis 2020.
Cependant, une étude récente révèle qu’un an après l’interdiction, environ un cinquième des papiers thermiques contrôlés en Suisse contenaient encore du bisphénol S. Il n’est donc pas exclu que des tickets contenant cette substance soient encore en circulation aujourd’hui. De plus, le Pergafast, actuellement le substitut non biologique le plus répandu en Suisse, est considéré comme moins dangereux que le bisphénol S, mais reste potentiellement critique pour la santé et l’environnement.
L’alternative biologique développée par les chercheurs lausannois ouvre de nouvelles perspectives. L’équipe de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a mis au point un revêtement pour papier thermique contenant de la lignine, un composant principal du bois. Ils ont également utilisé des sucres végétaux comme révélateurs de couleur. Selon le groupe de recherche, les ingrédients de ce mélange végétal peuvent être obtenus directement à partir de biomasse non comestible.
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Image 1 sur 2. Deux impressions réalisées avec un simple appareil d’impression de laboratoire de l’ETH Lausanne (EPFL) : à gauche, celle avec le papier thermique jaunâtre à base de lignine de l’EPFL, à droite, une blanche avec le papier thermique classique contenant du bisphénol.
Source image : EPFL/J. Luterbacher CC-BY-SA 4.0. -
Image 2 sur 2. Trois bandes de papier : elles montrent la qualité du papier thermique à base de lignine dans divers processus de fabrication complexes.
Source image : EPFL/J. Luterbacher CC-BY-SA 4.0.
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Selon l’EPFL, la qualité d’impression du revêtement jaunâtre à base de bois est presque aussi bonne que celle du papier thermique conventionnel. Lors de tests effectués avec un équipement d’impression simple en laboratoire, des images imprimées claires ont été produites et les logos imprimés étaient toujours faciles à lire même après un an.
Cette nouvelle solution se distingue des alternatives biologiques existantes, qui sont souvent difficiles à lire et s’estompent rapidement.
La recette est brevetée
En termes de prix, l’alternative plus respectueuse de la santé pourrait également être comparable à long terme au papier thermique du commerce, estime Jeremy Luterbacher, co-responsable du groupe de recherche lausannois. Les chercheurs souhaitent désormais optimiser davantage la qualité du révélateur de couleur organique déjà breveté, puis le préparer à une production à grande échelle. L’équipe de l’EPFL envisage même de fonder une start-up pour commercialiser ce nouveau développement.
Il est donc possible qu’à l’avenir, la solution idéale se concrétise, même si cela ne se fait qu’après quelques années. En attendant, une alternative simple et saine existe : refuser l’impression du ticket de caisse…